International

Onze militants ou sympathisants présumés de l'organisation indépendantiste «Armée révolutionnaire bretonne» (ARB) comparaissent à partir de lundi à Paris devant une cour d'assises spéciale antiterroriste, accusés de 17 attentats ou tentatives entre 1993 et 2000.

Une employée tuée

Dans ce procès qui doit durer un mois, quatre d'entre eux répondront de l'attentat du 19 avril 2000 contre un restaurant McDonald's à Quévert, dans les Côtes-d'Armor, qui avait tué une employée de 28 ans, Laurence Turbec. La mort de cette jeune fille, première victime en trente ans d'attentats sporadiques des indépendantistes bretons, avait provoqué un choc et une accélération des enquêtes sur l'ARB, qui piétinaient jusqu'alors.

Interpellés peu après les faits, Christian Georgeault, Pascal Laizé, Gaël Roblin et Stéphane Philippe, en détention provisoire depuis environ quatre ans, seront jugés pour cet attentat sous l'accusation de «complicité de destruction par explosifs ayant entraîné la mort», passible de la réclusion à perpétuité. Ils se disent innocents et ont bénéficié du soutien de leurs proches et des milieux autonomistes bretons qui dénoncent un «procès politique». Plusieurs centaines de personnes ont manifesté le 21 février à Nantes pour demander leur libération.

Laurence Turbec avait été tuée par l'explosion de l'engin artisanal qu'elle avait involontairement déclenchée en quittant le restaurant par une porte de service. Selon les enquêteurs, la charge de dynamite munie d'un retardateur devait exploser la nuit précédente mais le dispositif avait mal fonctionné.

Les autres accusés, Alain Solé, Philippe Jeaumouillé, Jérôme Bouthier et Pascal Scattolin, seront jugés par les sept magistrats professionnels pour seize attentats ou tentatives contre des gendarmeries, des perceptions, des locaux judiciaires ou postaux. Ces actions, qui n'ont pas fait de victimes, sont passibles de quinze ans de réclusion criminelle au maximum.

La DST accusée

L'ARB a revendiqué les attentats, sauf celui de Quévert, où elle a nié toute responsabilité dans un communiqué daté du 22 avril 2000 et transmis à un journaliste de l'agence Capa par Gaël Roblin et Christian Georgeault. Dans ce texte, l'ARB suggérait que cet attentat était une provocation montée par la DST (Direction de la surveillance du territoire). Cette action a finalement été retenue à charge contre les accusés.(Reuters)

© La Libre Belgique 2004