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Le pape François a "fait scandale" et commis une "bourde" en recommandant le recours à la psychiatrie pour les enfants ayant des tendances homosexuelles, estime mardi la presse, qui voit dans ces propos une menace de "disgrâce" pour le souverain pontife.

Dans l'avion qui le ramenait d'Irlande après une visite dominée par les abus de pédophilie dans le clergé, le pape François a semé le trouble en déclarant à propos des orientations homosexuelles: "Quand cela se manifeste dès l'enfance, il y a beaucoup de choses à faire par la psychiatrie, pour voir comment sont les choses".

"Sur l'homosexualité, le pape fait scandale", écrit Libération, qui titre en Une sur "Les mots qui fâchent du pape". Pour Sébastien Lacroix de L'Union, "le pape s'est pris les pieds dans la soutane".

Le Parisien a fait sa Une sur "Le chemin de croix du pape François". Il le juge "trop tolérant avec les prédateurs sexuels, trop fragile face aux traditionalistes qui verrouillent les rouages du pouvoir catholique". "Le pape est aujourd'hui menacé par la disgrâce", estime Frédéric Vezard.

"Les paroles du pape sur l'homosexualité font tache", estime Christophe Bonnefoy dans Le Journal de la Haute Marne. Et si le Vatican a tenu à corriger lundi les propos incriminés, c'est que "la bourde - appelons-la comme ça - est de taille", selon lui.

La déclaration faite dimanche devant la presse a été corrigée lundi par le Vatican, qui a retiré de son verbatim officiel la référence à la "psychiatrie" en affirmant que le souverain pontife ne voulait pas assimiler l'homosexualité à "une maladie psychiatrique".

"Ce mot (psychiatrie, ndlr), associé à l'homosexualité, semble avoir été lâché par réflexe. D'un souffle. Presque inconsciemment, comme une sorte de réflexe pavlovien", analyse Olivier Pirot dans La Nouvelle République du Centre Ouest. C'est "comme si, finalement, le haut clergé n'avait jamais renoncé à penser que l'homosexualité était une maladie", se désole-t-il.

Le pape est "complètement à côté de la plaque", avec un propos "déplacé", dénonce Xavier Brouet dans Le Républicain Lorrain.

Le quotidien catholique La Croix n'est pas en reste, en confessant que "le mot +psychiatrie+ était une erreur". Même si le propos a été retiré de la transcription officielle du Vatican, "l'incident n'en est pas moins regrettable", estime Guillaume Goubert, qui observe qu'aujourd'hui "il y a trop de choses graves à traiter dans l'Église pour perdre ainsi du temps et de l'énergie".