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Les ex-ministres catalans présents en Belgique ont également été laissés en liberté à l'issue de leur audition devant le juge d'instruction.

Les ex-ministres catalans Meritxell Serret, Antoni Comin et Lluis Puig, qui avaient fui en Belgique dans la foulée de la déclaration d'indépendance avortée de la région le 27 octobre, ont été laissés jeudi soir en liberté sous conditions à l'issue de leur audition par le juge d'instruction. Les trois anciens ministres de Carles Puigdemont comparaitront d'ici une quinzaine de jours devant la chambre du conseil de Bruxelles. Celle-ci devra se prononcer sur le mandat d'arrêt européen émis à leur encontre par la justice espagnole.

Le gouvernement espagnol a fait savoir jeudi soir qu'il respectait "toujours" les décisions judiciaires, qu'elles "lui plaisent ou non", après la remise en liberté de l'indépendantiste catalan Carles Puigdemont en Allemagne, où la justice considère qu'il ne peut être extradé pour "rébellion".

"Le gouvernement ignore les termes exacts dans lesquels s'est prononcé le tribunal allemand et par conséquent il ne peut faire à ce stade aucune appréciation", a déclaré à l'AFP une source gouvernementale.

"Le gouvernement ne se prononce jamais sur des décisions de justice. Qui plus est s'agissant de décisions du tribunal d'un autre pays. Il les respecte toujours qu'elles lui plaisent ou non", a ajouté cette source.

La justice allemande a décidé jeudi soir de remettre en liberté sous contrôle judiciaire l'ancien président de la Catalogne, l'indépendantiste Carles Puigdemont.

Le tribunal de l'Etat régional du Schleswig-Holstein, où M. Puigdemont est incarcéré depuis une dizaine de jours, a décidé de poursuivre l'examen de la demande d'extradition de l'Espagne. Mais il a rejeté le principal chef d'inculpation, "rébellion", figurant dans le mandat d'arrêt européen récemment réactivé par Madrid.

Il a estimé que les faits de "rébellion" avancés par la justice espagnole pour l'organisation du référendum sur l'indépendance de la Catalogne puis la tentative de sécession ne pouvaient être retenus au regard du droit allemand car ils supposeraient que Carles Puigdemont se soit directement rendu coupable de faits de violence.

Le tribunal "est d'avis qu'une extradition pour motif de rébellion est irrecevable", a-t-il indiqué dans un communiqué.

Cette décision de la justice allemande constitue un revers sérieux pour le juge de la Cour suprême qui avait lancé le mandat d'arrêt européen, car même si M. Puigdemont est remis à l'Espagne, la justice espagnole ne pourra pas le juger pour rébellion.

Le juge d'instruction de la Cour suprême Pablo Llarena souhaitait renvoyer en procès tout le noyau dur indépendantiste, pour des charges de rébellion et malversation de fonds.

Mais la rébellion - passible d'une peine pouvant aller jusqu'à 30 ans de prison - implique un soulèvement violent et la défense de Carles Puigdemont, comme un certain nombre de juristes en Espagne même, font valoir qu'il n'a jamais eu lieu.

La justice espagnole ne pourrait en principe juger M. Puigdemont que pour des détournements de fonds, a précisé à l'AFP l'avocat pénaliste Xavier Etxebarria, qui a eu à traiter de dossiers de remise et d'extradition.

Ce délit, a-t-il précisé, entraîne des peines de 4 à 8 ans de prison en moyenne.