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On l’a entendu à plusieurs reprises, selon Trump, l’accord sur le nucléaire iranien serait le pire que les Etats-Unis auraient signé. Mais pourquoi donc ?

Arrêtons-nous d'abord sur deux aspects.

Le premier, c’est la façon de négocier de Donald Trump. Le président américain a, en plus du fait d’être plus ou moins imprévisible, la volonté d’établir un rapport de force d’entrée de jeu. L’exemple avec la Corée du Nord est particulièrement frappant. D’abord les muscles, puis, potentiellement, les discussions. Néanmoins, rien ne dit que cela se passera d’une manière similaire avec l’Iran.

Le deuxième aspect, c’est la vision à "long terme".

Mais pour comprendre, d’abord, un bref résumé de la situation.

Depuis des années, particulièrement dans les années 2000, l’Iran développe une industrie nucléaire afin de développer son armement.

  • En 2005, Ahmadinejad remporte la présidentielle et relance le programme de recherche sur le nucléaire.
  • À partir de 2006, l’Onu met en place un embargo contre l’Iran. Les armements mais aussi le pétrole et les transactions financières sont impactés.
  • En 2015, Les Nations unies décident d’un rapprochement avec l’Iran de Rohani, élu en 2013. Le 14 juillet 2015, l’accord de Vienne est signé, aussi connu sous le nom de JCPOA, pour "Joint Comprehensive Plan of Action".  Le deal ? Une levée des sanctions économiques pour l’Iran, contre un contrôle précis par l’AIEA (L'Agence internationale de l'énergie atomique) du secteur nucléaire iranien, avec des limitations strictes en termes d’enrichissement de plutonium, entre autres.

Mais le hic, pour Donald Trump, c’est que l’accord ne porte que sur 10 ans. Et rien n’est dit par rapport au développement de missiles balistiques. Or, l’Iran vise à étendre son influence au Moyen-Orient, et reste un ennemi affiché d’Israël.

Donc, pour le président américain, les États-Unis y perdent au niveau commercial, de par la levée des sanctions, et diplomatique. Car, selon lui, l’Iran "joue la montre" et, en 2025, il sera "libre" de relancer son programme nucléaire, avec les capacités militaires et les missiles qui vont avec.

Cependant, certains dénoncent le fait que les critiques adressées par Trump ont déjà été prises en compte dans l'accord, et que l'engagement sur le programme nucléaire militaire n'a pas de durée limitée dans le temps.

Reste à voir, donc, ce que va déclarer Donald Trump ce mardi soir, à 20h (HB), et s’il décide de le faire de manière brutale ou de manière diplomatique, en laissant une porte de sortie, une possibilité de négociation à l’Iran, qui n’a pas non plus dit son dernier mot.

© AFP