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Venu à Paris en décembre 2017 pour le sommet sur le climat, Kofi Annan, décédé samedi, avait alors mis en garde contre "la démission des dirigeants actuels" face aux grands défis mondiaux, dans un entretien exclusif à l'AFP.

Face au terrorisme, au réchauffement climatique ou encore à l'immigration, "honnêtement, on est dans le pétrin", avait lâché l'ancien secrétaire général de l'ONU.

Prix Nobel de la paix, Kofi Annan est mort samedi à 80 ans, après avoir accédé au rang de vedette de la diplomatie mondiale durant ses dix années (1997-2007) à la tête des Nations unies.

M. Annan avait accordé une interview à l'AFP le 12 décembre, à l'issue d'une rencontre avec le président français Emmanuel Macron à l'occasion du sommet sur le climat.

Il s'était exprimé en tant que président du Groupe de sages créé en 2007 par Nelson Mandela et qui rassemble des personnalités publiques reconnues travaillant aux problèmes mondiaux semblant insurmontables.

Avec M. Annan, l'ancien secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, l'ancien médiateur de l'ONU pour la Syrie, Lakhdar Brahimi, l'ancienne présidente d'Irlande, Mary Robinson, et l'ancienne Première ministre norvégienne, Gro Harlem Brundtland, avaient livré leur opinion sur différents sujets internationaux, de la lutte contre le réchauffement climatique à la crise au Proche-Orient.

"Par le passé, quand nous traversions cette sorte de crise, nous avions des dirigeants qui avaient le courage et la vision du monde nécessaires pour vouloir agir, pour comprendre qu'il leur fallait travailler avec les autres", avait observé M. Annan, alors que le sommet sur le climat avait été marqué par le retrait annoncé des Etats-Unis de l'Accord de Paris de 2015.

"Aujourd'hui, les dirigeants vont dans la mauvaise direction (...) Les dirigeants abandonnent", ajoutait M. Annan.

"Un seule méprise, une seule erreur et nous sommes tous victimes (...) Le déclenchement d'une guerre nucléaire peut ne pas découler d'une décision délibérée" mais d'un accident, avertissait-il, sans jamais citer le dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un ni Donald Trump, lancés à l'époque dans une escalade verbale mais qui ont apaisé leur relation depuis.