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Trois confédérations syndicales européennes et américaines ont dénoncé lundi l'optimisation fiscale agressive pratiquée par McDonald's, pointant notamment le rôle du Royaume-Uni, un sujet hautement sensible en pleine négociation du Brexit.

Dans un rapport de 25 pages, les trois fédérations, dont l'Union internationale des employés de services (SEIU), affirment que "l'optimisation fiscale est toujours au menu de McDonald's", malgré une enquête ouverte en décembre 2015 par la Commission européenne sur des accords fiscaux antérieurs passés avec le Luxembourg.

Et pire, affirment ces syndicats, le groupe américain s'est désormais tourné vers le Royaume-Uni et ses territoires comme les îles Caïmans, les Bermudes et Guernesey, considérés comme des paradis fiscaux, pour continuer à payer le moins d'impôts possible.

Fin 2016, le groupe américain avait en effet annoncé le transfert de sa holding d'optimisation fiscale du Luxembourg vers le Royaume-Uni, environ six mois après la décision par référendum des Britanniques de quitter l'UE.

"Nous appelons la Commission européenne à continuer et approfondir son enquête sur la compagnie", a affirmé le secrétaire général de la Fédération syndicale européenne des services publics (EPSU), en publiant son rapport.

Questionnée par l'AFP, une porte-parole de l'exécutif européen chargée du dossier a indiqué "prendre note de ce rapport", précisant que l'enquête suivait son cours.

Pour le moment, son investigation concerne toutefois les soupçons d'optimisation fiscale pratiquée avant le déménagement vers le Royaume-Uni, a-t-elle rappelé.

"Ce rapport confirme que certaines multinationales font preuve d'une inventivité sans limites pour payer moins que leur juste part d'impôts", a de son côté salué le commissaire européen aux Affaires économiques, Pierre Moscovici.

Et d'appeler à poursuivre les réformes dans l'UE pour plus de transparence, comme celui concernant les systèmes d'impôt sur les sociétés.

Les révélations des syndicats soulignent "qu'avec le Brexit, le Royaume-Uni pourrait devenir le plus grand paradis fiscal aux portes de l'UE" s'est quant à elle inquiétée l'eurodéputée française verte Eva Joly.