Quatremer: "C'est dans mon propre journal que j'ai senti que j'avais été trop loin"

Jonas Legge Publié le - Mis à jour le

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International Le 15 mai 2011, Dominique Strauss-Kahn a été arrêté par la police américaine. Il est accusé de tentative de viol. Les réactions fusent. De nombreux journalistes, politiciens et autres proches du directeur du Fonds monétaire international disent tomber des nues.

Il s'avère pourtant que, lorsque l'on gratte un peu, les problèmes sexuels de DSK étaient connus depuis longtemps. Connus, certes, mais tus... Car, en France, une certaine omerta règne autour de la vie privée des hommes d'Etat.

En 2007, Jean Quatremer avait osé lever le tabou. Ce journaliste de Libération, travaillant à Bruxelles, avait publié sur son blog un article consacré à celui qui devait devenir le responsable du FMI. "Le seul vrai problème de Strauss-Kahn est son rapport aux femmes. Trop pressant, il frôle souvent le harcèlement. Un travers connu des médias, mais dont personne ne parle", avait-il souligné dans le dernier paragraphe de son papier.

Dans un essai, "Sexe, mensonges et médias", paru récemment , Jean Quatremer s'appuie sur le "cas DSK" pour décrire, de son oeil critique, le fonctionnement des médias et la connivence des journalistes avec les puissants.

Ce mercredi, il était l'invité de Lalibre.be, dont voici des extraits de ses réponses au chat avec vous:

- Les journalistes ont l'art de se montrer courageux lorsqu'il n'y a plus d'enjeu. J'aurais aimé que Pujadas, hier soir, se montre aussi agressif avec Nicolas Sarkozy au début de son mandat.

- Ce qui me frappe en Belgique, c'est la filiation politique reconnue et proclamée d'un grand nombre de journalistes, où l'on voit des journalistes devenir porte-paroles de partis politiques puis redevenir journalistes sans que cela ne pose de problème à personne.

- Ma chance est que je vis loin des petits cercles politico-médiatiques parisiens où tout le monde se connait, et ou les pressions sont multiples. J'ai bien reçu un coup de téléphone de l'un des communicants de DSK me la jouant "amour déçu". Mais cela n'a pas était plus loin. En revanche, c'est dans mon propre journal que j'ai senti que j'avais été trop loin.

- Tous les journalistes écrivent de quelque part. Nous avons tous des opinions et des affects. C'est pour cela que je n'ai jamais cru à la prétendue "objectivé" des journalistes. Ce que nous devons à nos lecteurs, c'est la transparence: un journaliste doit être comme une barre chocolatée. On doit connaitre sa composition. Par exmeple, lorsque je parle de l'Europe, mes lecteurs savent que je suis pro-européen. Je ne le cache pas, et je leur dois cette information.

- Je crois qu'il faut distinguer la vie privée de l'intimité. L'intimité, c'est votre vie familiale, celle que vous voulez maintenir à l'écart de la vie publique. Avez-vous déjà entendu entendu parle de la vie privée de Van Rompuy ? Evidemment pas.

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