International Ce soir, les joueurs français vont la chanter avant le début du match. Il s'agit de la Marseillaise, l'hymne national français, connu même en dehors de l'Hexagone. Mais que signifient les paroles de l'hymne national des Bleus ?

L'histoire de l'hymne français remonte à 1792. Après la déclaration de guerre de la France révolutionnaire à l'Autriche, un certain Claude Joseph Rouget de Lisle, officier en garnison à Strasbourg, compose les paroles de l'ancêtre de l'hymne français. Ecrit à la demande de Frédéric de Dietrich, maire de Strasbourg, le chant s'appelait à l'époque "Chant de guerre pour l'armée du Rhin".

Le futur hymne devient populaire parmi les soldats marseillais participant à l'insurrection des Tuileries du 10 août 1792. Trois ans après, il est déclaré officiellement comme chant national. Après avoir été bannie pendant l'Empire et la Restauration, la Marseillaise est reprise seulement en 1830. En 1879, le chant est reconnu comme hymne national, et depuis 1887, la France en adopte une version officielle.

La lutte contre la tyrannie

Selon une analyse de Armand Delclos, spécialiste de l'hymne national, le premier couplet incarne la lutte contre un ennemi, la "tyrannie" de ceux qui veulent soumettre la France. L'idée de la lutte contre la tyrannie est aussi reprise dans les couplets 2 et 3, qui font référence aux "mercenaires" et aux "guerriers" qui luttent contre ceux qui veulent imposer leur propre loi "dans nos foyers", donc en terre française.

Pour battre cet ennemi, il faut des "enfants", soit des camarades, des soldats qui partagent tous les mêmes valeurs, ceux de la "Patrie". Selon Delclos, la "Patrie" est une famille d'idéaux auxquels les citoyens adhèrent. L' "étendard sanglant levé" est une métaphore de la révolte des citoyens qui souffrent.

Le refrain reprend alors le lexique de la guerre, contexte dans lequel le chant a été écrit: "aux armes!", "formez vos bataillons", sont les exhortations de Rouget de Lisle. La suite est encore plus emblématique : selon le spécialiste, le "sang impur" des ennemis va nourrir la terre.

Cette même terre qui est alimentée par le sang est celle qui va produire de "nouveaux" soldats, comme indiqué dans le quatrième couplet. Pour Armand Delclos, Rouget de Lisle utilise la métaphore de la terre pour qu'elle soit plus compréhensible à ses soldats, en majorité des paysans. 

Chant de guerre... et de Liberté

L'hymne est donc un chant de guerre contre l'ennemi, mais il prône également des valeurs de Liberté. Au couplet 5, on peut lire : "Épargnez ces tristes victimes/ A regret s'armant contre vous", qui semble nuancer la thèse d'un chant "sanguinaire". Ce qui est sûr, c'est que l'hymne pointe du doigt tous les ennemis : "les despotes sanguinaires/ ces complices de Bouillé", à savoir le général qui avait fait fuir le roi.

Au-delà de la lutte, la Marseillaise est également le chant qui célèbre les valeurs de la Nation française : la "Liberté, Liberté chérie", qui, avec l"Amour sacré de la Patrie", soutient et motive les soldats en lutte. Cette célébration de valeurs conclut le sixième couplet introduisant le dernier, et invitant les soldats à combattre jusqu'à tuer les ennemis, et à faire preuve de leur gloire.

Les paroles de la Marseillaise

1

Allons enfants de la Patrie,

Le jour de gloire est arrivé !

Contre nous de la tyrannie,

L'étendard sanglant est levé, (bis) 

Entendez-vous dans les campagnes Mugir ces féroces soldats ?

Ils viennent jusque dans vos bras 

Egorger vos fils, vos compagnes !

Refrain

Aux armes, citoyens, 

Formez vos bataillons, 

Marchons, marchons ! 

Qu'un sang impur

Abreuve nos sillons !

2

Que veut cette horde d'esclaves, 

De traîtres, de rois conjurés ? 

Pour qui ces ignobles entraves,

Ces fers dès longtemps préparés ? (bis) 

Français, pour nous, ah ! quel outrage 

Quels transports il doit exciter !

C'est nous qu'on ose méditer

De rendre à l'antique esclavage !

3

Quoi ! des cohortes étrangères 

Feraient la loi dans nos foyers ! 

Quoi ! ces phalanges mercenaires

Terrasseraient nos fiers guerriers ! (bis)

Grand Dieu ! par des mains enchaînées

Nos fronts sous le joug se ploieraient 

De vils despotes deviendraient

Les maîtres de nos destinées !

4

Tremblez, tyrans et vous perfides 

L'opprobre de tous les partis, Tremblez ! vos projets parricides 

Vont enfin recevoir leurs prix ! (bis) 

Tout est soldat pour vous combattre, 

S'ils tombent, nos jeunes héros,

La terre en produit de nouveaux, 

Contre vous tout prêts à se battre !

5

Français, en guerriers magnanimes, 

Portez ou retenez vos coups ! 

Épargnez ces tristes victimes,

A regret s'armant contre nous. (bis) 

Mais ces despotes sanguinaires, 

Mais ces complices de Bouillé, 

Tous ces tigres qui, sans pitié, 

Déchirent le sein de leur mère !

6

Amour sacré de la Patrie,

Conduis, soutiens nos bras vengeurs 

Liberté, Liberté chérie,

Combats avec tes défenseurs ! (bis) 

Sous nos drapeaux que la victoire 

Accoure à tes mâles accents,

Que tes ennemis expirants

Voient ton triomphe et notre gloire !

7

Nous entrerons dans la carrière

Quand nos aînés n'y seront plus,

Nous y trouverons leur poussière,

Et la trace de leurs vertus (bis),

Bien moins jaloux de leur survivre,

Que de partager leur cercueil,

Nous aurons le sublime orgueil,

De les venger ou de les suivre