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Andrzej Duda, qui a battu dimanche avec 53% des voix contre 47% le président polonais sortant Bronislaw Komorowski au deuxième tour de l'élection présidentielle, est un juriste conservateur de 43 ans et un fidèle du chef du parti populiste Droit et Justice (PiS), Jaroslaw Kaczynski.

Il se dit aussi héritier spirituel du frère jumeau de ce dernier, le président Lech Kaczynski, mort dans une catastrophe aérienne à Smolensk en Russie en 2010.

Lorsque Jaroslaw Kaczynski était Premier ministre entre 2006 et 2007, les deux frères avaient conduit une politique conservatrice, hostile tant à l'égard de l'Allemagne et de la Russie que de l'Union européenne. Leur gouvernement de coalition marqué à droite est tombé, déchiré par des conflits internes.

Tout en se disant leur fidèle, M. Duda a tenu lors de la campagne électorale à souligner son indépendance. "Si je suis élu, je mettrai un terme à mon activité au sein du PiS. Un président de la République ne peut représenter un parti. Il doit être au service de la société toute entière", a-t-il affirmé.

Il a aussi juré qu'il n'avait pas l'intention de s'entourer, une fois élu président, de proches collaborateurs de Jaroslaw Kaczynski.

Cela ne l'a pas empêché de faire l'éloge de son maître à penser: "C'est un homme politique éminent, souvent dénigré mais capable à chaque fois de se relever. Il y a en Pologne très peu d'hommes politique aussi forts et déterminés que lui", a-t-il déclaré dans une interview.

Sourire facile du gendre idéal et silhouette sportive contrastant avec celle plus massive de son rival, M. Duda condamne sévèrement la Convention européenne sur la violence domestique, et la fécondation in-vitro, honnies par la puissante Eglise de Pologne, dont il est un membre fervent.

Dans la ligne des frères Kaczynski, il est hostile à l'adoption par son pays de la monnaie européenne "tant que le niveau de vie des Polonais n'aura pas atteint celui des Allemands ou des Néerlandais".

Il promet de "tout faire" pour ramener à 65 ans l'âge de la retraite, passé à 67 avec le soutien du président Komorowski et du parti libéral Plateforme civique, au pouvoir depuis bientôt huit ans.

En politique étrangère, Andrzej Duda se prononce pour le renforcement des liens avec l'Otan. "La meilleure solution pour la Pologne serait le stationnement sur son territoire de troupes américaines, seul moyen de garantir sa sécurité", affirme-t-il.

Originaire de Cracovie, issu d'une famille de professeurs à l'Académie des Mines, enfant de choeur et boy scout dans son enfance, il a obtenu en 1996 un diplôme en droit à l'Université Jagellonne.

Quand le parti des frères Kaczynski prend le pouvoir en 2005, il devient vice-ministre de la Justice, poste qu'il abandonne pour devenir en 2008 proche collaborateur du président Lech Kaczynski.

Elu en 2011 député du PiS, il obtient l'an dernier sur les listes de ce parti un mandat au Parlement européen.

Andrzej Duda n'était pas vraiment connu du grand public quand Jaroslaw Kaczynski, maître incontesté du PiS, l'a désigné comme candidat à la présidence de la République.

Tout au long de sa campagne, il a promis aux Polonais de larges avantages sociaux: exemptions fiscales, notamment pour familles nombreuses, promotion de l'emploi. Il a obtenu pour son programme l'appui des syndicats.

Bon skieur, Andrzej Duda est marié à une institutrice, Agata, et père d'une fille. Son beau-père est l'écrivain, poète et critique littéraire polonais Julian Kornhauser.