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Qui va assurer l'héritage politique d'Ariel Sharon ? L'évolution de l'état de santé du Premier ministre israélien, mercredi soir, inclinait à penser qu'en toutes hypothèses, il ne serait pas en mesure de poursuivre la mission qu'il semblait s'être assignée ces derniers mois: après le retrait de la Bande de Gaza, la restitution de territoires de Cisjordanie aux Palestiniens et la fixation définitive de frontières avec un Etat palestinien.

Institutionnellement, c'est le vice-Premier ministre Ehud Olmert, ancien maire de Jérusalem, qui assure l'intérim pendant la vacance de pouvoir du Premier ministre. Ehud Olmert était considéré jadis comme un «dur» du Likoud mais a suivi l'évolution d'Ariel Sharon jusqu'à l'accompagner dans son projet de former son nouveau parti du centre, "Kadima» («En avant»).

Lors de son acte de naissance, la formation politique a été critiquée pour ne reposer quasiment que sur un seul homme, Ariel Sharon. Une dimension qui en traduisait, selon certains, la fragilité. Un poids lourd du gouvernement, qui pourrait apparaître comme un "héritier» potentiel, l'a cependant rejointe, le ministre de la Défense Shaoul Mofaz. Militaire comme Ariel Sharon, il pourrait avoir la stature d'un homme d'Etat.

Il reste que les événements de ces derniers mois - l'évolution politique de Sharon, son retrait du Likoud, l'accession à la tête du Parti travailliste d'Amir Peretz aux dépens de Shimon Peres et maintenant l'écartement du pouvoir du Premier ministre - ont à ce point bouleversé l'échiquier israélien que l'héritier politique d'Ariel Sharon se trouve peut-être à la gauche de ce spectre, en la personne précisément du nouveau leader des Travaillistes.

Amir Peretz, ancien militant du mouvement pacifiste "La Paix maintenant», a déjà un peu durci son discours au contact du pouvoir. Ce qui le rapproche de facto du créneau dans lequel s'était désormais installé Ariel Sharon.

© La Libre Belgique 2006