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Le président du parlement de Catalogne a débuté lundi à Barcelone des consultations des partis, à la recherche d'un nouveau candidat à la présidence de la région, après le retrait du dirigeant indépendantiste Carles Puigdemont. L'ancien président catalan - destitué par le gouvernement espagnol après la proclamation symbolique d'une "République catalane" indépendante le 27 octobre - a annoncé jeudi depuis la Belgique où il s'est exilé qu'il renonçait à briguer de nouveau la présidence régionale.

Poursuivi en Espagne pour "rébellion" et "sédition", M. Puigdemont devait au préalable se livrer à la justice s'il voulait participer au débat d'investiture au parlement, selon les conditions posées par la Cour constitutionnelle. Il a finalement retiré sa candidature afin de faciliter, a-t-il dit, la formation rapide d'un gouvernement indépendantiste en Catalogne.

Le président du parlement régional, l'indépendantiste Roger Torrent, devait se réunir lundi avec les représentants des sept groupes parlementaires avant de désigner un nouveau candidat à l'investiture.

Le seul nom proposé pour le moment au sein du camp indépendantiste - majoritaire en sièges à l'assemblée régionale - est celui de Jordi Sánchez, élu député le 21 décembre sur la liste de M. Puigdemont. Son investiture semble toutefois aussi problématique que celle de M. Puigdemont.

Ancien président de l'influente association indépendantiste ANC, M. Sanchez a été inculpé de sédition et incarcéré. Il aurait besoin de l'autorisation de la Cour suprême pour sortir de prison et défendre son programme devant les députés régionaux.

Par ailleurs, le plus petit des trois partis indépendantistes catalans, la Candidature d'unité populaire (CUP, 4 députés, d'extrême gauche), a annoncé qu'elle empêcherait l'investiture de M. Sanchez, faute d'engagement de ses alliés pour avancer unilatéralement vers la sécession.

Les quatre députés de la CUP s'abstiendraient ainsi lors d'un vote d'investiture. Cela ne devrait normalement pas poser problème aux deux autres partis indépendantistes, Ensemble pour la Catalogne et Gauche républicaine de Catalogne, qui totalisent 66 voix, contre 65 dans le camp adverse.

Cependant, M. Puigdemont et un autre député catalan, Toni Comin, sont en Belgique et ne peuvent participer au vote: leur candidat, Jordi Sanchez, ne disposerait donc pas des soutiens nécessaires.

La Catalogne, où vivent 7,5 millions d'Espagnols, reste placée sous administration directe de Madrid depuis le 27 octobre.