International Comme presque chaque été, une partie de la France s'est enflammée. Et comme presque chaque été, une proportion mesurable de ces incendies n'est pas due aux ravages silencieux du réchauffement climatique, ni à une cigarette abandonnée sur le bord de la route, mais est bien l'oeuvre de pyromanes. Qui sont ces individus qui veulent le Sud à feu ?

Le 26 juillet, second jour de brasier pour le Sud-est de la France. Un incendie d'une ampleur exceptionelle se déclare à Bormes-les-Mimosas, dans le Var. 1.300 hectares partiront en fumée, 550 pompiers seront mobilisés et 10.000 habitants devront être évacués. Un incendie "sans doute d'origine criminelle", selon la Région PACA.

Plus récemment, dans la nuit de jeudi à vendredi, à Bastia, en Corse, un homme est suspecté d'avoir bouté pas moins de cinq feux.

2016, quant à elle, avait été une année marquante pour la région de Marseille, où 3.300 hectares de Guarigue s'étaient envolés. Une situation assez particulière pour que François Hollande prenne la parole : "Ces incendies sont d'origine criminelle, avait-il déclaré. (...) Nous retrouverons leurs auteurs."

Et puis, il y a ce cas particulier, qui a fait grand bruit en Sicile cette année. Quinze pompiers volontaires ont été arrêtés lundi dernier car ils auraient provoqué des feux pour toucher des indemnités d'intervention.

Mais quelles sont les principales motivations de ces personnes ? Une chose à savoir: qui dit feu, qu'il soit d'origine criminelle, accidentelle ou naturelle, dit forcément une enquête.

Un plaisir "presque sexuel"

En fait, la proportion d'origine "malveillante" est la principale, suivie par celle imputable aux loisirs (un barbecue qui vire au drame ou une cigarette mal éteinte, entre autres). Entre 1996 et 2006, par exemple, 39% des feux de forêt en France étaient l'oeuvre de pyromanes, de chasseurs ou de conflits d'occupation du sol. En comparaison, sur la même période, seuls 8% des incendies étaient d'origine naturelle.

Sans trop simplifier, les pyromanes sont divisibles en deux principales catégories.

Il y a ceux qu'on appelle les incendiaires. "Ils allument des feux pour des raisons soit criminelles, soit agressives. Par exemple par jalousie, lorsque l’on en veut à quelqu'un, du coup on va brûler quelque chose qui lui appartient", explique le psychiatre Michel Lejoyeux à nos confrères d'Europe 1.

Et puis, il y a ceux qu'on peut réellement qualifier de pyromanes. Ils ne sont pas les plus nombreux. "C’est quelqu'un qui est fasciné par le feu, par l’allumage et la vision du feu. Il déclenche un plaisir, qui est presque sexuel [en allumant un feu]. Il y a une forte libido autour du feu", explique Michel Lejoyeux. "Le pyromane ne veut pas faire du mal. La pyromanie figure dans la classification internationale des maladies comme un trouble du contrôle des impulsions. Ce sont des gens qui ont une envie impulsive d’allumer un feu, y résistent longtemps puis, à un moment, vont y céder."

Vendredi, un jeune homme a été placé en détention provisoire. Il est soupçonné d'être à l'origine de pas moins de 16 feux à Istres et Fos-sur-Mer. Le "pyromane" corse, lui, est toujours en garde à vue.

Une chose est sûre : les motivations de ces individus sont extrêmement diverses et la volonté de blesser ou de tuer n'est jamais prégnante. 

Une dernière statistique pour se rassurer : les feux de forêt dans le Sud français n'ont jamais été aussi peu nombreux. Ils sont deux fois moins que dans les années 90, grâce à l'amélioration des moyens de lutte.