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D’une vingtaine de candidats à la présidentielle au départ, il ne reste plus, un mois après le coup d’envoi donné dans l’Iowa, le 1er février, que sept prétendants : deux Démocrates et cinq Républicains.

Hillary Clinton. A 68 ans, et pour sa deuxième tentative, l’ex-Première Dame, ex-sénatrice de New York et ex-secrétaire d’Etat fait figure de favorite, non seulement dans les primaires, mais aussi dans la course à la Maison-Blanche. Candidate "naturelle" du Parti démocrate, elle pensait obtenir l’investiture sans coup férir, jusqu’à ce que surgisse le plus improbable des adversaires, Bernie Sanders. Après un début difficile, la primaire en Caroline du Sud, samedi dernier, a solidement remis en selle Mme Clinton et elle peut espérer sortir renforcée de ce "Super-Mardi".

Bernie Sanders. Le sénateur du Vermont, qui se qualifie lui-même de "socialiste" (presque une insulte aux Etats-Unis), ne pensait sans doute pas pouvoir inquiéter Hillary Clinton, même temporairement, ni susciter, à 74 ans, un tel engouement chez les jeunes qui apprécient son franc-parler et partagent son idéalisme. Le parcours presque sans faute de M. Sanders tout au long de sa carrière politique se heurte, cependant, à l’impossibilité ontologique pour une majorité d’Américains d’élire un président aussi à gauche.

Donald Trump. Tout le monde a cru à une blague ou à une provocation quand le magnat new-yorkais de l’immobilier et de la téléréalité a présenté sa candidature en juin dernier. Et tout le monde s’attendait à le voir quitter la scène après quelques semaines. Celui dont "The Wall Street Journal" assure qu’il ne connaît que deux choses, l’instinct et l’insulte, paraît aujourd’hui presque assuré, à 69 ans, de remporter l’investiture du Parti républicain, sans même avoir jamais exposé en détail quelles politiques il entend mener s’il est élu.

Ted Cruz. Elu en 2010 sous la bannière du mouvement ultraconservateur et anti-establishment du Tea Party, le sénateur du Texas se présente comme le seul candidat capable de battre Donald Trump (parce qu’il l’a effectivement battu dans les caucus de l’Iowa). A 45 ans, Cruz se profile en "vrai conservateur" et brigue les suffrages de la droite évangélique - suffrages qui lui ont pourtant échappé, au profit de Trump, lors de la primaire en Caroline du Sud.

Marco Rubio. Un an plus jeune que Ted Cruz, mais élu comme lui en 2010 sur la vague frondeuse du Tea Party, le sénateur de Floride nourrit depuis lors des ambitions présidentielles. Poulain de Jeb Bush, Rubio s’est éloigné de son pragmatisme initial pour disputer maintenant à Ted Cruz le statut de "vrai conservateur" et incarner la solution de rechange à Donald Trump aux yeux de l’establishment du Parti républicain dont il entend être le garant de l’unité.

Ben Carson. Ce neurochirurgien à la retraite, mondialement connu pour ses opérations controversées, dans les années 1980, pour séparer des siamois, a causé la surprise en se lançant, à 64 ans, dans l’aventure présidentielle. Après avoir semblé pouvoir rivaliser avec Donald Trump auprès d’un public lassé du monde politique, Carson a multiplié les bourdes et les dérapages. Il ne devrait pas survivre au "Super-Mardi".

John Kasich. A 63 ans, le gouverneur de l’Ohio apparaît comme le seul candidat républicain modéré encore en lice et le seul capable, selon les sondages, de battre Hillary Clinton lors de la présidentielle. En théorie, car Kasich, qui fut membre de la Chambre des représentants pendant dix-huit ans, avant de travailler dans le secteur privé (notamment pour Lehman Brothers, jusqu’à la retentissante faillite de 2008) et d’être élu gouverneur en 2010, est trop terne pour susciter l’enthousiasme des électeurs.