International Mohammed Merah, 23 ans, qui est le principal suspect des tueries de Toulouse et de Montauban a été décrit par le ministre français de l'Intérieur Claude Guéant comme un petit délinquant qui s'est "radicalisé". Connu des Renseignements français, Merah aurait fait partie d'un "groupe idéologique" salafiste de Toulouse et se serait rendu en Afghanistan et au Pakistan où il a été condamné à une peine de trois ans pour avoir posé des bombes dans la région de Kandahar. Selon le directeur du centre pénitentiaire où il était enfermé, Mohammed Merah se serait évadé en juin 2008 lors d'une attaque de l'établissement par les talibans.

Ce n'est pas la première fois que des jihadistes venus d'Europe font des "stages" d'entrainement dans cette contrée du globe. Au lendemain du 11 septembre, plusieurs jeunes Français combattant aux côtés des talibans avaient été capturés alors qu'ils tentaient de se réfugier au Pakistan. L'un de ceux-ci, Mourad Benchellali avait raconté son parcours dans un ouvrage intitulé Voyage vers l'enfer .

Comment ces jeunes venus de France sont-ils recrutés ?

On sait que les sites internet jihadistes jouent un rôle non négligeable dans le recrutement, mais les mosquées sont aussi des lieux idéaux pour embrigader ces jeunes gens. Que ce soit via des prêches enflammées d'imams ou par d'autres jeunes ayant ayant fourbi leurs armes en Afghanistan ou au Pakistan. Mais les réseaux de recrutement ne se limitent pas qu'aux lieux de culte puisque des jeunes ont aussi tré embrigadés au sein d'associations sportives, culturelles ou autres.

Quel est leur profil ?

S'ils sont pour la plupart d'origine maghrébine, les jihadistes occidentaux sont parfois aussi des Français convertis à l'Islam.Ces jeunes gens, qui viennent souvent des banlieues, sont souvent peu instruits, émotifs et insatisfaits dans leur vie personnelle et professionnelle. Ils sont donc plus sensibles à une manipulation par les agents de recrutement des réseaux jihadistes.

Comment se retrouvent-ils au Pakistan ou en Afghanistan ?

Une fois que le candidat potentiel est repéré, l'agent recruteur s'arrange pour faciliter le voyage au Pakistan. Quelques années auparavant, les futurs jihadistes se retrouvaient à Londres pour être expédiés vers la Turquie ou le Pakistan. Maintenant, la majorité d'entre-eux se rend directement au Pakistan en utilisant de vrais ou de faux visas de ce pays. Il existe aussi une filière iranienne qui recrute des clandestins cherchant à faire fortune sur le vieux continent. Les apprentis jihadistes sont alors pris en charge par les membres locaux du réseau qui ont tous une infrastructure dans les principales villes Pakistanaises.

Combien sont-ils ?

Ils sont suivis par les services de renseignement français dès leur arrivée dans l'un des quatre aéroports internationaux que comptent le Pakistan. Selon le Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), on dénombre quatorze jihadistes français parmi la quarantaine d'européens s'entrainant dans la zone Pakistano-afghane. Selon le sociologue Farhad Khosrokhava, contacté par l'Express, il très difficile de déterminer leur nombre exact car certains opèrent seuls et n'appartiennent pas à des réseaux organisés. Parmi les autres européens recensés, on trouve des Belges et des Italiens.

Qui les surveille ?

C'est la Direction centrale du renseignement intérieur qui est le fruit de la fusion de la DST et des RG qui se charge de lutter contre le terrorisme sur le territoire hexagonal. Elle agit sous la houlette du ministère de l'Intérieur qui ne communique pas les effectifs dédiés à cette lutte. La DCRI possède plusieurs bureaux à travers la France et ses agents sont répartis sur tout le territoire.

Comment les jihadistes sont-ils identifiés par le renseignement intérieur ?

Selon Louis Caprioli, ancien cadre de la DST et contacté par FTVi, les agents "repérent les discours extrémistes, car le point de départ est toujours l'endoctrinement religieux". Les mosquées seraient moins surveillées par la DCRI car cela fait longtemps qu'elles sont observées et que la plupart des imams condamneraient le discours violent du jihad.