International Rachid Benzine fait aujourd’hui partie de ces nouveaux penseurs de l’islam, auxquels il a consacré un ouvrage. Le philosophe franco-marocain, auteur du livre "Le Coran expliqué aux jeunes" (Seuil, 2013), prône un travail critique sur l’islam, historique en particulier. Une façon de mettre celui-ci à distance et d’éviter que les textes religieux soient érigés en vérité absolue.

Quelle réflexion vous inspirent les récents attentats islamistes en France ?

Il est important de sortir d’un double déni. Le déni de la société française, qui a une explication culturelle ou religieuse à ces attentats et qui refuse de se poser la question de ce qu’elle a raté au cours de ces trente ou quarante dernières années. Le déni des musulmans qui disent que cela n’a rien à voir avec l’islam. Ceux qui disent cela sont dans le déni. Cette violence a aussi à voir avec l’islam, comme certaines violences commises au nom du christianisme ont aussi à voir avec lui. Cette violence a donc à voir avec une certaine lecture [de l’islam] qui se répand depuis une quarantaine d’années et qui est en lien à la fois avec le wahhabisme saoudien et l’idélogie des Frères musulmans. Rester dans ce déni empêche ce travail de distance critique nécessaire à l’intérieur de l’islam et ne va pas aider les musulmans.

Cela cause cette tragédie de l’islam dont vous parlez ?

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