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Loin de son pays, Rami Abdel Rahmane dirige un réseau de 200 militants des droits de l’homme en Syrie qui l’informent minute par minute de la répression menée par le régime du président Bachar el Assad. "Nous sommes des gens normaux, nous avons des vies normales, des familles. Nous n’avons pas de bureaux, nous travaillons de chez nous ou de nos lieux de travail", souligne Abdel Rahmane, 40 ans.

Depuis sa fondation il y a cinq ans, l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), qu’il dirige, s’est imposé dans le paysage médiatique international comme l’une des principales sources d’information sur le mouvement de contestation qui vise depuis plus de quatre mois le régime syrien.

Les journalistes étrangers étant interdits d’accès en Syrie, ses militants sont, avec leurs listes de manifestants tués basées sur les registres d’entrée des hôpitaux, la seule source d’information sur les victimes de la répression.

Abdel Rahmane, né à Baniyas, sur la côte syrienne, est le seul militant du réseau qui vit à l’étranger. Ceux-ci ne se connaissent pas entre eux et sont en contact via le réseau de téléphonie sur Internet Skype, des réseaux sociaux comme Facebook et Twitter, par courriel et téléphones utilisant des numéros cachés.

"Je suis indépendant. Je n’appartiens pas aux Frères musulmans, ni au parti communiste", affirme-t-il, se disant proche d’autres militants des droits de l’homme syriens comme Michel Kilo.

"Nous ne recevons de l’argent de personne", ajoute-t-il, indiquant que ce sont les membres du réseau qui financent le site, écrit en arabe. "La démocratie triomphera en Syrie, dans six mois", prédit-il. "Nous traversons une phase très difficile, mais nous devons être patients, comme dans une guerre. Nous ne devons pas abandonner maintenant".

Son engagement remonte à un incident dont il a été le témoin à l’âge de sept ans : "J’ai vu ma grande sœur battue par des agents de sécurité", confie-t-il.

Il ne prend pas au sérieux les appels lancés par les pays occidentaux au président Assad pour qu’il réforme son pays. "Je ne fais pas confiance à la communauté internationale. C’est le peuple syrien qui doit se prendre en charge", affirme Abdel Rahman. (AFP)