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Du Front au Rassemblement national: le parti dirigé par Marine Le Pen changera peut-être de nom - les membres seront invités à valider ou refuser le changement de nom - mais "garde le même cap" avec un discours toujours aussi musclé sur l'immigration, estime la presse ce lundi.

Dans Le Figaro, Guillaume Tabard juge le choix du nouveau nom "habile" car avec le Rassemblement national, Marine Le Pen "conjugue tradition et refondation" même si "la finaliste de la dernière présidentielle a peiné à préciser le contenu de cette nouvelle appellation".

"Exit, donc, le Front et sa connotation martiale pour un parti qui souhaite parachever sa dédiabolisation", décrypte Valérie Hacot dans Le Parisien. "Pour le reste, en revanche - et le discours de la présidente, très en verve hier sur l'immigration, en atteste - le Front disparaît, mais le fond reste."

Car pour Laurent Joffrin de Libération, "de quoi ce changement de nom est-il le nom ? De la continuité. L'ex-FN est surtout le sujet non d'un rassemblement mais d'un essoufflement national, révélé à la présidentielle et confirmé depuis".

Un "assassinat politique"

La réaction du père de Marine Le Pen ne s'est pas faite attendre. Ce lundi, Jean-Marie Le Pen, officiellement mis à l'écart du parti, a considéré qu'il aurait désormais "plus de droit que quiconque" à utiliser le nom de Front national, maintenant que sa fille Marine a rebaptisé le parti, une décision qu'il a qualifiée "d'assassinat politique".

Il a par ailleurs estimé sur France Inter qu'il conservait le titre de président d'honneur: il n'est "pas tout à fait supprimé", a-t-il estimé. "Le titre qui m'a été donné par le congrès de 2011, je le conserve": "il l'a été en vertu des services que j'ai rendus et il me paraît extrêmement difficile de me le retirer", a-t-il tranché.

Interrogé sur France Inter pour savoir s'il allait adhérer au Rassemblement national, nouveau nom soumis à l'approbation des militants FN, il a répondu "certainement pas", et "je fais toute réserve sur les possibilités que j'ai éventuellement pour reprendre le nom de Front national".

"Ca veut dire que si Madame Le Pen abandonne le titre de Front national je crois que j'ai plus le droit que quiconque à en user si j'ose dire", a-t-il ajouté.

Interrogé pour savoir s'il allait créer un autre parti au nom de Front national, il a répondu "on ne sait pas".

"Rien de nouveau"

L'abandon du nom Front national au profit de Rassemblement national "n'apporte rien de nouveau" et c'est "un véritable assassinat politique", a ajouté Jean-Marie Le Pen.

Il est "désastreux qu'on abandonne le nom Front national car c'est un repère inimitable et incontournable", a-t-il ajouté, en estimant que Marine Le Pen a "manqué d'imagination semble-t-il" en choisissant ce nouveau nom, qui a "déjà été utilisé deux fois, une fois aux cantonales de 1985 et une fois aux législatives de 1986".

Le FN c'est "une âme, une histoire, un passé. Faire fi de tout ça me paraît désastreux", a-t-il insisté.

Un nom déjà pris

Un soucis supplémentaire: apparemment, le nom de "Rassemblement national" est déjà utilisé par un parti. Après vérification, le nom est effectivement déposé auprès de la base de données INPI, et ce depuis 2013. Ledit parti en a profité pour rappeler "l'amateurisme" de Marine Le Pen.