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Quarante-neuf personnes ont été tuées dans des nouvelles violences communautaires survenues dans la nuit de jeudi à vendredi en Ituri dans le nord-est de la République démocratique du Congo, selon un nouveau bilan donné à l'AFP par l'ONG catholique Caritas.

"On a compté 49 corps et il y a encore d'autres corps qu'on recherche", après des violences entre communautés Hema et Lendu, a déclaré à l'AFP l'abbé Alfred Ndrabu Buju, directeur de l'ONG Caritas à Bunia, chef-lieu de la province de l'Ituri. Un peu plus tôt, le ministre de l'Intérieur a donné un bilan de 33 morts.

Ces violences se sont déroulées à Maze un village du territoire de Djugu, situé à environ 80 km au nord de Bunia, capitale de la province de l'Ituri.

"Le gouverneur de province est en route pour atteindre le site des tueries en ce moment", a précisé le ministre de l'Intérieur.

Selon plusieurs témoignages recueillis par l'AFP, les assaillants, présentés comme appartenant à la communauté Lendu, se sont attaqués aux Hema.

Le différend pour les terres entre éleveurs Hema et agriculteurs Lendu en Ituri est une des nombreuses sources de violences dans l'est troublé de la RDC.

Le bilan risque d'être plus lourd, selon la société civile.

"Les assaillants ont investi le village et se sont livrés à un véritable carnage", a déclaré un responsable de la société civile locale, Banza Charité.

Interrogé par l'AFP, le directeur de l'ONG Caritas Bunia, l'abbé Alfred Ndrabu Buju, a confirmé ces violences entre Hema et Lendu jeudi soir.

"Un enfant victime de l'attaque a été reçu ce matin à l'hôpital général de Drodro avec une flèche dans la tête", a indiqué le prêtre catholique.

Le regain de violences en Ituri remonte à mi-décembre et a déjà fait une centaine de morts.

Ces violences concentrées autour de Djugu, au nord-est de Bunia, ont fait une centaine de morts et provoqué le déplacement d'environ 200.000 personnes depuis la mi-décembre. Elles font craindre un retour des massacres causés en 1999, par un conflit foncier entre Hema et Lendu qui fait plus de 60.000 morts et 600.000 déplacés, selon Human Rights Watch.