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Au moins huit fosses communes ont été découvertes depuis le début de l'année par les habitants de Tshimbulu, chef-lieu du territoire de Dibaya, une localité de la province du Kasaï central (centre de la République démocratique du Congo) ont annoncé Radio France Internationale (RFI) et l'agence de presse britannique Reuters dans une enquête parue lundi. Les violences au centre de la RDC ont causé plus de 400 morts et environ 200.000 déplacés depuis septembre dernier, selon l'ONU.

RFI et l'agence de presse Reuters ont documenté l'existence d'au moins huit fosses communes autour de Tshimbulu, une ville située à environ 160 km au sud de Kananga, chef-lieu du Kasaï central. Cette localité a longtemps été l'un des épicentres de l'insurrection populaire née de la révolte du chef coutumier Kamuina Nsapu, tué en août dernier par les Forces armées de la RDC (FARDC) après être entré en conflit avec le pouvoir central.

Selon l'enquête menée par les deux médias, la Mission des Nations unies en RDC (Monusco) dit avoir déjà transmis au gouvernement des informations concernant dix fosses communes, trois à Tshimbulu et sept autres à Nkoto, mais continue à enquêter sur d'autres sites dans d'autres provinces du Kasaï.

Dans une communication précédent cette enquête, le gouvernement congolais avait déjà pointé du doigt les miliciens se réclamant de Kamwina Nsapu comme étant auteurs des fosses communes.

La Monusco a plusieurs fois dénoncé l'usage disproportionné de la violence par les forces de l'ordre face aux adeptes de Kamwina Nsapu.

L'ONU, la France, la Belgique, l'Union européenne et le pape François ont réclamé des enquêtes internationales sur ces violences.

Pour sa part, la justice militaire congolaise a dévoilé les noms de sept personnes, des soldats accusés notamment des crimes de guerre pour avoir participé au massacre des adeptes de Kamwuina Nsapu.