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Le président congolais Joseph Kabila a reçu jeudi les lettres de créance de cinq nouveaux ambassadeurs en République démocratique du Congo (RDC), dont le Belge Dominique Struye de Swielande, dans ce qui apparaît comme une nouvelle étape de la normalisation des relations entre la Belgique et son ancienne colonie, a-t-on appris de sources concordantes.

La cérémonie s'est déroulée au Palais de la Nation, la résidence officielle du chef de l'Etat congolais, "dans une ambiance chaleureuse", a-t-on indiqué de source diplomatique. M. Kabila a reçu les lettres de créance de ces cinq ambassadeurs extraordinaires et plénipotentiaires. Il s'agissait, outre M. Struye, de celui de la République du Congo (Brazzaville) voisine, Clément Yandoma, de Tunisie, Mohamed Messoaud (Tunisie), de la Confédération helvétique, Lunus Von Castelmur, et de la Suède, Johan Borgstam, selon le site congolais digitalcongo.net.

Arrivé lundi soir à Kinshasa, M. Struye avait présenté dès mardi les copies figurées de ses lettres de créance qui l'accréditent en qualité d'ambassadeur de Belgique auprès de la RDC au chef de la diplomatie congolaise, Alexis Thambwe Mwamba, lors d'une audience que ce dernier lui avait accordée en son cabinet. Après la remise de ses lettres de créances, un nouvel ambassadeur est en mesure de remplir pleinement ses fonctions.

M. Struye, un ancien ambassadeur à Berlin, auprès de l'OTAN et puis à Washington, succède ainsi à Johan Swinnen, qui a quitté Kinshasa à la mi-décembre à l'issue d'un séjour de plus de quatre ans en RDC, pour rejoindre Madrid afin d'occuper son nouveau poste d'ambassadeur de Belgique en Espagne.

Agé de 61 ans, il a déjà été en poste à Kinshasa, comme conseiller d'ambassade de 1982 à 1984, alors que la RDC s'appelait encore Zaïre et était dirigée par le maréchal Mobutu Sese Seko. La remise très rapide de ses lettres de créance apparaît aux observateurs comme un nouveau - et important - signe de normalisation des relations entre Kinshasa et Bruxelles après neuf mois de brouille.

Le gouvernement congolais avait donné le 24 janvier son accord à l'agrément de M. Struye comme ambassadeur de Belgique, une étape de procédure qui était bloquée depuis des mois en raison de la - désormais résolue - crise diplomatique entre Bruxelles et Kinshasa, causée par des propos du ministre belge des Affaires étrangères, Karel De Gucht, sur la corruption dans l'ex-Zaïre qui avaient irrité les dirigeants congolais.

Mais Bruxelles et Kinshasa ont tourné en janvier la page de cette crise de neuf mois par la publication d'une déclaration commune des deux Premiers ministres, Herman Van Rompuy et Adolphe Muzito, qui instaure entre leurs deux pays un dialogue "permanent, franc, ouvert et constructif, respectueux des institutions démocratiques et légitimes des deux Etats".

La Belgique espère désormais la réouverture rapide de ses consulats de Bukavu, chef-lieu de la province du Sud-Kivu (est de la RDC) et de Lubumbashi (Katanga, sud-est), qui avaient fermé leurs portes le 2 juin dernier "pour une durée indéterminée", à la demande du gouvernement congolais.

Les autorités congolaises ont fait comprendre à Bruxelles qu'elles souhaitaient que la réouverture du consulat général de Lubumbashi soit rapide et célébrée "avec fastes".