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Des affiches déployées par des partisans du parti au pouvoir à Kinshasa présentant Joseph Kabila comme "candidat" à la présidentielle du 23 décembre sont au coeur d'une polémique en République démocratique du Congo, où société civile et opposition dénoncent une "stratégie dangereuse". "Notre candidat Joseph Kabila", peut-on lire sur une affiche signée par les Amis de Mova Sakanyi (Amos - PPRD), installée dans le marché Lalu, dans le quartier Binza Delvaux, dans l'ouest de Kinshasa, sur une artère très fréquentée.

Sur cette affiche figure une effigie du président congolais Joseph Kabila en bouc blanc surplombant une foule, a constaté une journaliste de l'AFP.

Une autre affiche, placée juste à côté de celle du président, montre le ministre de l'Intérieur Henri Mova Sakanyi derrière un micro avec ce message : "L'homme de la situation difficile du pays, likofi ya Kabila" (coup de poing de Kabila, en lingala).

Ces affiches "font partie d'une stratégie politique dangereuse mise en place par le PPRD" afin de "préparer l'opinion à accepter un troisième mandat pour le président Kabila", a déclaré à l'AFP Georges Kapiamba, président de l'Association congolaise pour l'accès à la justice (ACAJ).

"Nous condamnons cette attitude et nous en appelons au sens de la responsabilité du président Kabila pour qu'il mette fin à ces manoeuvres mijotées par ses proches collaborateurs", a-t-il ajouté.

Pour l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), parti historique de l'opposition, cet affichage "montre que M. Kabila est en train de tout manigancer pour se maintenir au pouvoir".

"C'est dangereux, nous ne l'accepterons jamais même si les hommes de Kabila sont prêts à tout", a dit à l'AFP Peter Kazadi, directeur du cabinet adjoint du président de l'UDPS.

Les Amis de Mova Sakanyi (Amos) est un regroupement des militants du parti présidentiel constitué autour de ce cadre du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD). M. Mova a été secrétaire général de son parti avant d'occuper le poste du ministre de l'Intérieur en février.

Le 7 mai, la présidence congolaise avait démenti toute nouvelle candidature de M. Kabila, qualifiant d'"intox" une rumeur qui affirmait que le chef de l'État serait en lice pour la présidentielle du 23 décembre censée élire son successeur.

M. Kabila est au pouvoir depuis 2001, son mandat s'est achevé en décembre 2016 dans un climat de violences meurtrières. La Constitution lui interdit de se représenter mais il reste silencieux sur ses intentions et son avenir politique.