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Deux journalistes de nationalité belge auxquels il était reproché de détenir des "visas non valables" ont été interdits d'entrer en territoire congolais, ont annoncé mercredi les autorités de la République démocratique du Congo, qui entretiennent des relations tendues avec la Belgique depuis le début de l'année. Les deux journalistes "sont de la chaîne Canvas, ils se sont fait octroyer des visas au consulat de la RDC à Anvers qui n'était plus autorisé depuis février à délivrer des visas", a déclaré le porte-parole du gouvernement, Lambert Mende.

Ces journalistes belges "ont tenté de contourner les dispositions mises en place sur des visas d'entrée en RDC qui ne sont délivrés que par notre ambassade de Bruxelles, le consulat d'Anvers étant fermé", a expliqué un conseiller du ministère des Affaires étrangères sous couvert de l'anonymat.

Selon ce conseiller, les deux journalistes "ont pris un vol à partir de Paris avec des visas non valables croyant tromper la vigilance de la direction générale des migrations. Ils ont été démasqués et interdits de franchir la frontière".

Aucune précision concernant les deux journalistes en question n'a pu être obtenue mercredi soir auprès de la chaîne publique flamande VRT.

Le 30 avril, la Belgique a affirmé qu'elle n'était plus représentée par un ambassadeur en RDC après une série de tensions diplomatiques entre Bruxelles et Kinshasa dues à la crise politique au Congo, ancienne colonie belge devenue indépendante en 1960.

L'ambassadeur, Bertrand de Combrugghe, avait été rappelé à Bruxelles en février pour consultation, une procédure normale, avait avancé à l'époque la Belgique.

Son départ était intervenu après la décision de Kinshasa de fermer la "maison Schengen", une sorte de consulat européen géré par la Belgique qui instruisait les demandes de visas pour 18 pays européens.

Kinshasa avait réagi à la décision de la diplomatie belge de redéployer l'aide publique au développement vers des ONG pour protester contre la crise politique en RDC liée au maintien au pouvoir du président Joseph Kabila après la fin de son deuxième et dernier mandat qui s'est achevé le 20 décembre 2016 dans un climat de violences.

La présidentielle censée élire le successeur de M. Kabila est finalement prévue pour le 23 décembre 2018 après deux reports.