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Deux personnes ont été tuées dimanche en République démocratique du Congo en marge des marches interdites anti-Kabila de catholiques, ont indiqué lundi l'épiscopat et les Nations unies alors que les organisateurs des marches promettent qu'il n'y aura "pas de répit" pour le régime de Kinshasa. L'épiscopat qui avait parlé d'un mort dimanche a revu son bilan à la hausse.

"Deux personnes sont mortes: une à Kinshasa et un jeune de 21 ans à Mbandaka (nord-ouest), tué par un garde fluvial qui n'avait rien à voir avec le maintien de l'ordre" public, a déclaré lundi à l'AFP l'abbé Donatien Nshole, porte-parole de l'épiscopat.

La chef de la Mission de l'ONU au Congo Leila Zerrougui, "regrette qu'au moins deux personnes aient été tuées" lors des marches "en dépit de consignes qui auraient été données aux forces de sécurité de faire preuve de la plus grande retenue dans la gestion des manifestations", note un communiqué de son bureau.

Pour la police congolaise, la répression de ces marches organisées à l'appel du Comité laïc de coordination (CLC), un collectif d'intellectuels proche de l'Église catholique, a fait "zéro mort".

Plus de trois millions de congolais ont marché dimanche pour "dire non à la dictature" et "exiger que le président Joseph Kabila dise publiquement qu'il ne sera pas candidat à sa propre succession", écrit le CLC dans un communiqué.

"Il n'y aura pas de répit pour le pouvoir en place tant que nous n'aurons pas retrouvé notre dignité et notre liberté", promet ce collectif d'intellectuels.

Les élections qui devaient se tenir fin 2017, selon un accord politique signé sous l'égide de l'épiscopat, sont désormais fixées au 23 décembre 2018. L'opposition accuse M. Kabila de chercher à tout faire pour se maintenir au pouvoir le plus longtemps possible.

La RDC n'a jamais connu de passation pacifique du pouvoir depuis son accession à l'indépendance en 1960.