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L'ONU, "inquiète de l'instabilité" régnant dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), exhorte Kinshasa et les rebelles du M23 à conclure rapidement leurs négociations de paix par un accord, selon un communiqué publié lundi.

Les envoyés spéciaux de la communauté internationale "s'inquiètent de l'instabilité de la région et espèrent que des progrès supplémentaires peuvent être faits dans les jours qui viennent sur les questions importantes en suspens", indique ce communiqué de la Mission des Nations unies en RDC (Monusco), à propos des tractations en cours entre les deux parties à Kampala (Ouganda).

Les envoyés spéciaux "mettent en garde contre tout acte de provocation et exhortent les parties à faire preuve d'une retenue maximale sur le terrain pour permettre la conclusion de leur dialogue", ajoute le texte.

Dimanche soir, un haut responsable congolais présent sur place avait déclaré à l'AFP que les négociations de Kampala s'acheminaient "lentement mais sûrement vers un échec".

"Les envoyés spéciaux s'inquiètent de ce que l'occasion n'ait pas encore été saisie de s'entendre sur un accord global qui entraînerait la démobilisation du M23", indique l'ONU.

"Ils louent cependant les efforts de bonne foi du gouvernement de la République démocratique du Congo pour négocier un accord" et expriment leur reconnaissance à l'égard de la médiation de l'Ouganda, qui fait la navette entre le gouvernement et les rebelles, ajoute le texte.

La communauté internationale exhorte une nouvelle fois "fermement le M23 à cesser immédiatement toute forme de violence et d'activité déstabilisatrice, et (presse) ses membres de se dissoudre immédiatement et définitivement et de déposer les armes conformément à la résolution 2098 du Conseil de sécurité de l'ONU", adoptée en mars.

Le communiqué est publié au nom de l'envoyée spéciale de l'ONU pour les Grands Lacs, Mary Robinson, de son homologue américain, Russ Feingold, du coordonnateur européen pour la région des Grands Lacs, Koen Vervaeke, du représentant spécial de l'Union africaine, Boubacar Diarra, et du chef de la Monusco, Martin Kobler.

Les négociations de Kampala ont repris le 10 septembre, après plusieurs mois d'arrêt, sous la pression des chefs d'Etat de la région des Grands Lacs. Elles étaient censées durer deux semaines.

La principale pomme de discorde est la question de l'amnistie à accorder aux rebelles et celle de leur incorporation dans l'armée. Soutenu par la communauté internationale, le gouvernement congolais refuse fermement d'accorder l'impunité aux principaux responsables de la rébellion.

Affaibli depuis la dernière offensive conjointe de l'armée congolaise et des Casques bleus fin août, le M23 (Mouvement du 23 Mars) contrôle une zone de quelque 700 kilomètres carrés adossée aux frontières du Rwanda et de l'Ouganda, dans l'est de la République démocratique du Congo.

Parti en avril 2012 d'une mutinerie d'anciens rebelles intégrés dans l'armée congolaise, le M23 demande la pleine application de l'accord ayant régi leur incorporation dans l'armée en 2009, et défend plus généralement les droits des populations congolaises rwandophones, essentiellement tutsi.

L'ONU et Kinshasa accusent avec insistance le Rwanda et l'Ouganda de soutenir le M23, ce que ces deux voisins de la RDC démentent.