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Le président congolais Joseph Kabila n'envisage pas d'être candidat à un troisième mandat, a indiqué jeudi son Premier ministre Bruno Tshibala, dans une interview accordée à BBC Hardtalk. 

Les Congolais devront se rendre aux urnes le 23 décembre de cette année pour des élections présidentielles attendues de longue date. Ils devront également choisir de nouveaux représentants parlementaires et conseillers provinciaux. "Le président attend juste les élections afin de passer la main, de manière civilisée et pacifique, pour la première fois dans l'histoire du pays." Le deuxième mandat de Kabila, et dernier selon la constitution, a officiellement pris fin en décembre 2016. Le président et son entourage ont néanmoins réussi à reporter à plusieurs reprises la tenue de nouvelles élections.

Si le doute plane encore sur l'organisation concrète de ces élections en fin d'année, Bruno Tshibala a toutefois indiqué à la BBC qu'elles auraient bien lieu. Il a également souligné que les forces de sécurité congolaises avaient réussi à rétablir la paix dans certaines régions et à démanteler les milices du Kasaï qui semaient le trouble.

Ces derniers mois, la Fédération internationale des droits de l'homme et plusieurs ONG ont accusé Kabila d'être responsable de l'incertitude dans le pays qu'il pourrait utiliser comme argument pour reporter les élections, ce qu'a contesté Tshibala. "Au contraire, le président Kabila a, en tant que commandant de l'armée, envoyé ses troupes dans le Kasaï et l'est du pays. Ces accusations ne sont pas justes", a-t-il réagi.

Tshibala a également nié les informations sur l'insécurité actuelle dans le pays. "La situation est en train de s'améliorer. Le plupart des réfugiés ont retrouvé leur domicile. Çà et là, c'est encore incertain, mais le calme sera revenu pour les élections."

L'ONU a estimé les besoins humanitaires en République démocratique du Congo à 1,7 milliard de dollars, soit plus du double des besoins de l'année dernière. Une conférence ministérielle sur le Congo se tiendra à Genève le 13 avril prochain.

Près de 4,5 millions de Congolais ont fui leur propre pays.