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L'ex-Premier ministre congolais Adolphe Muzito Fumutshi, dont la candidature à l'élection présidentielle risque d'être invalidée dans les prochains jours, s'est prononcé samedi à Bruxelles en faveur de la désignation d'un candidat commun de l'opposition, tout en exprimant des doutes sur la tenue effective des scrutins prévus le 23 décembre en République démocratique du Congo (RDC). "Il nous (l'opposition) faut faire alliance", car "l'enjeu, ce n'est plus la validation des candidatures", a-t-il affirmé au cours d'une conférence de presse en rappelant que l'opposition congolaise rejetait la "machine à voter" défendue à tout crin par la Commission électorale nationale indépendante (Céni) en dépit des réticences de certains partis politiques et de la société civile congolaise.

M. Muzito a entrepris une visite en Europe pour rencontrer d'autres dirigeants de l'opposition congolaise, comme Moïse Katumbi Chapwe - un ex-allié du président Joseph Kabila - qui n'a pas été autorisé à rentrer en RDC pour présenter sa candidature qu'il a vu jeudi et Jean-Pierre Bemba Gombo, avec lequel il doit s'entretenir lundi, selon ses dires.

La Céni doit publier le 19 septembre la liste définitive des candidats pour la présidentielle du 23 décembre, couplée à des élections législatives - pour désigner les 500 nouveaux membres de l'Assemblée nationale, la chambre basse du parlement congolais- et aux provinciales, dans les 26 nouvelles provinces de la RDC.

Six des 25 candidatures à la présidentielle déposées ont été invalidées par la Céni - dont celle de M. Muzito et de M. Bemba - mais la Cour constitutionnelle doit encore se prononcer dans les prochains jours sur les recours introduits par les recalés.

La Céni reproche à M. Muzito un "conflit d'intérêt" avec le Palu qui conteste sa candidature, introduite in fine le 8 août, affirmant qu'il ne fait plus partie de ce parti, ce qu'il n'a pa contesté samedi.

Le Palu, membre de l'actuelle majorité parlementaire sortante, est dirigé par l'un des héros de l'indépendance, le patriarche Antoine Gizenga Fundji, 92 ans - lui aussi un ex-Premier ministre du président Kabila et candidat lui aussi invalidé par la Céni à la présidentielle de décembre prochain.

"Pour les candidats validés, ce n'est pas gagné, je ne vois pas un candidat gagner seul", a affirmé samedi M. Muzito.

Il n'a toutefois pas manifesté beaucoup d'espoir quant à la validation de sa propre candidature à la présidentielle par une Céni qu'il qualifie d'"instrument sous les bottes" du président Kabila, déjà mal élu en 2011 lors d'un scrutin entaché de fraudes

Il a toutefois réaffirmé son opposition à la "machine à voter" proposée par la Céni, la qualifiant de "machine à tricher".

"Il faut (pour l'opposition congolaise, actuellement très fragmentée) commencer à réfléchir dès maintenant au programme commun de la coalition qui devra être la nôtre", a souligné M. Muzito.

Il s'est toutefois refusé à désigner un candidat unique de l'opposition à ce stade, parmi les candidats qui se manifestent.

"J'aboutirai à un programme en faisant la synthèse lors d'un conclave d'une semaine de ma plate-forme. Le candidat unique devra tenir compte de l'apport de plusieurs partis pour nous faire gagner", a souligné l'ex-Premier ministre du président Kabila d'octobre 2008 à mars 2012 au nom du redressement économique de la RDC, avant de passer à l'opposition à l'approche des élections générales.