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Les autorités de Kinshasa ont interdit vendredi la "marche pacifique" convoquée dimanche à l'appel d'un collectif catholique demandant au président Joseph Kabila de quitter le pouvoir en République démocratique du Congo, dans une lettre dont l'AFP a eu copie.

Le vice-gouverneur de Kinshasa a fait savoir qu'il ne pouvait "prendre acte" de cette marche, dans cette lettre dont l'AFP a obtenu une copie.

L'interdiction et la dispersion d'une précédente marche le 31 décembre avait fait six morts d'après les Nations unies et la nonciature apostolique, aucun selon les autorités.

Ces marches à la sortie de la messe ont été lancées à l'appel d'un "comité laïc de coordination" proche de l'Eglise catholique.

Cinq de ses huit responsables, qui vivent cachés, sont sous le coup d'un mandat d'arrêt, a indiqué jeudi soir à l'AFP une source du parquet.

Dans sa lettre, le vice-gouverneur de Kinshasa regrettent que les organisateurs aient "brillé par (leur) absence" à une "séance de travail" à laquelle il les avait invités ce vendredi à l'hôtel de ville pour "fournir plus d'information sur ladite marche".

"L'enquête ouverte après les événements du 31 décembre n'a pas encore abouti", a-t-il ajouté.

La Mission des Nations unies au Congo (Monusco) a déjà indiqué qu'elle enverrait dimanche des "observateurs" pour rapporter "d'éventuelles violations des droits de l'homme" lors de ces marches dans les principales villes de RDC.

La Monusco rappelle que "le droit de manifester pacifiquement est inscrit dans la Constitution congolaise et est protégé par les engagements internationaux de la RDC".

La Monusco a par ailleurs affirmé qu'elle n'assurait pas une protection discrète des membres du collectif à l'origine des marches, comme l'avançait une source: "Nous n'avons pas pour mandat de protéger des personnalités. Nous avons pour mandat de protéger des civils", a indiqué à l'AFP la porte-parole de la Monusco Florence Marchal.

Soutenu par l'opposition politique et l'influent épiscopat, le comité laïc de coordination demande au président Kabila de dire publiquement qu'il ne briguera pas un troisième mandat comme le prévoit la Constitution.

Le deuxième et dernier mandat du président Kabila a pris fin le 20 décembre 2016 d'après l'actuelle Constitution. La commission électorale a annoncé des élections pour le 23 décembre 2018.

L'ONG Human Rights Watch a par ailleurs avancé un bilan de huit morts lors des marches du 31 décembre à Kinshasa, dans un rapport présenté vendredi soir.