International

Un ancien ministre congolais, Tryphon Kin-Kiey Mulumba, en son temps défenseur acharné du maintien du président Joseph Kabila au pouvoir, a déposé mardi sa candidature à la présidentielle du 23 décembre en République démocratique du Congo (RDC), alors que le chef de l'Etat n'a pas encore désigné de candidat de sa famille politique. "Je viens de déposer ma candidature à la présidentielle au nom de mon parti", a déclaré le président du Parti pour l'Action (PA), à l'AFP.

Il s'agit d'une candidature comme "indépendant", rapportent plusieurs médias.

Le site d'information 7sur7.cd voit dans cette candidature une "violation" de la charte du Front commun pour le Congo (FCC, une vaste plate-forme mise sur pied par le chef de l'Etat), qui interdit à ses membres de soutenir un quelconque candidat à la présidentielle en dehors de celui choisi par son autorité morale, M. Kabila.

Dernier porte-parole du dictateur Mobutu Sese Seko, deux fois ministre de M. Kabila, M. Kin-Kiey avait lancé en 2014 l'association "Kabila Désir" pour "fédérer" les Congolais autour du bilan présidentiel et promouvoir un troisième mandat du chef de l'Etat. Au sein de "Kabila Désir", M. Kin-Kiey est un proche du directeur de cabinet adjoint du président Kabila, Jean-Pierre Kambila.

"J'ai appelé la Majorité (présidentielle, MP, qui soutient l'action de M. Kabila, nldr), à s'unir autour de ce projet. Elle a refusé", a commenté le nouveau candidat à sa sortie de la commission électorale nationale indépendante (Céni).

A 24 heures de la date-butoir du dépôt des candidatures, M. Kabila, qui ne peut pas se représenter, n'a toujours pas dit s'il allait désigner un dauphin ou briguer un troisième mandat malgré la Constitution qui le lui interdit.

Il a convoqué mardi les cadres de sa majorité à une réunion avec pour ordre du jour la désignation d'un candidat à l'élection présidentielle.

M. Kabila est arrivé au pouvoir en 2001 après l'assassinat de son père Laurent-Désiré. Il a été élu en 2006 au terme des premières élections démocratiques de RDC et a été réélu en 2011 après un scrutin contesté par des observateurs locaux et étrangers.

Son mandat a expiré le 19 décembre 2016. Il s'est maintenu au pouvoir en vertu d'un accord qui prévoyait des élections fin 2017, reportées au 23 décembre 2018.