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La justice a procédé mercredi à la reconstitution de l’enlèvement et du meurtre de Natacha Danais, enlevée à Rezé (Loire-Atlantique) en novembre 1990 et retrouvée morte trois jours plus tard sur une plage de Bretignolles-sur-Mer (Vendée). Michel Fourniret, le tueur en série présumé, avait avoué cet assassinat plusieurs années plus tard, lors de son arrestation en Belgique.

La reconstitution s’est déroulée en deux temps, d’abord au centre commercial Atout Sud où avait eu lieu l’enlèvement puis à la caserne de la CRS 42 à Saint-Herblain.

Mercredi vers 7h20, Michel Fourniret est arrivé sur le parking du centre commercial dans une voiture de police, au milieu d’un cortège d’une vingtaine de véhicules, voitures et fourgons blindés. Un périmètre de sécurité avait été mis en place sur le parking du centre commercial, et des tireurs d’élite du GIPN avaient pris place sur le toit du parking du supermarché.

Le procureur de la République de Charleville-Mézières, Francis Nachbach, l’avocat de la famille Danais et l’avocat de Michel Fourniret entre autres assistaient à cette reconstitution, de même que des personnels de la police scientifique et technique.

La première partie de la reconstitution a duré un peu plus d’une demi-heure. Michel Fourniret et sa compagne de l’époque Monique Olivier ont été entendus tour à tour par les magistrats pendant une dizaine de minutes chacun.

Selon M. Nachbach, Fourniret a "cette fois-ci parfaitement participé et répondu à toutes les questions que les juges d’instruction lui ont posées". Il a précisé qu’il subsistait des contradictions entre les déclarations de Fourniret et celles de Monique Olivier "mais elles ne portent pas, à mon sens, sur des éléments essentiels du dossier", a-t-il ajouté.

D’après Me Dominique Raimbourg, l’avocat de la famille Danais, la reconstitution a permis de préciser que c’est Monique Olivier qui conduisait la camionnette au moment de l’enlèvement et que c’est également elle qui a abordé la jeune fille. Il a également été établi que l’ensemble des faits -l’enlèvement et le meurtre- s’est déroulé le même jour.

Une partie de la famille de Natacha Danais, sa mère et son grand frère notamment, a assisté à la reconstitution. D’après Me Raimbourg, cela leur a permis de "rencontrer les auteurs et de se préparer à l’audience et à la manière dont les auteurs décrivent les faits".

D’autre part, a-t-il poursuivi, la reconstitution a permis de "fixer les faits et de faire en sorte qu’on ne puisse plus revenir dessus. C’est-à-dire qu’une rétractation à l’audience est aujourd’hui impossible. Les faits ont été mimés et reconstitués soit par les auteurs soit par des figurants donc il n’est plus possible de contester des faits".

A l’issue de la reconstitution, Philippe Grelier, le frère de Natacha Danais, a exprimé le sentiment d’avoir eu affaire à "des monstres, des gens un peu particuliers".

Jeudi, la suite de la reconstitution est prévue en Vendée sur la plage où avait été retrouvé le corps de la jeune fille.