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Des manifestants ont lancé mardi après-midi des projectiles sur les forces de l'ordre, qui ont répliqué en faisant usage de gaz lacrymogènes et de canon à eau, lors du cortège parisien sur la réforme du Code du travail, a constaté une journaliste de l'AFP.

Le cortège, qui se rendait de la place de la Bastille à la place d'Italie, a été plusieurs fois arrêté par ces incidents, notamment au niveau du boulevard de l'Hôpital.

"Les forces de l'ordre ont fait usage de lacrymogènes suite aux jets de projectiles", a confirmé la préfecture de police de Paris. Elles ont également eu recours à "une utilisation d'eau suite à la prise à partie d'une unité mobile", a précisé la préfecture de police.

La préfecture, qui a fait état de la présence dans le cortège de "300 personnes encagoulées", a rapporté "quelques dégradations" notamment de vitres et de panneaux publicitaires.


Le cortège parisien s'était élancé vers 14H00 dans une ambiance festive au son d'une fanfare animée par des forains, certains déguisés en clowns, venus rejoindre les manifestants pour défendre leur profession.


Plusieurs manifestations contre la réforme de la loi travail l'an dernier avaient été émaillées de violences à Paris et dans des grandes villes.


Entre 24.000 et 60.000 manifestants dans toute la France

Plusieurs dizaines de milliers de Français sont descendus dans la rue mardi contre l'assouplissement du Code du travail, réforme emblématique du président Emmanuel Macron, qui reste déterminé malgré cette première mobilisation qualifiée de "très forte" par les opposants, et tempérée par les autorités. "C'est une première qui s'annonce réussie", a affirmé dans le cortège parisien Philippe Martinez, le numéro un de la CGT, syndicat co-organisateur de la manifestation parisienne.

Le leader syndical s'est également félicité "de la très forte mobilisation déjà en province". "A midi on était plus de 100.000", a-t-il affirmé.

A Paris, le nombre de manifestants a atteint 60.000 selon la CGT, et seulement 24.000 selon les autorités.

A Marseille (sud), la préfecture a compté 7.500 manifestants, les organisateurs 60.000. Dans le cortège, le leader de La France Insoumise (gauche radicale), Jean-Luc Mélenchon, a promis de "faire reculer" le président de la République, car "ce pays ne veut pas du monde libéral".

La CGT a déjà appelé à une autre mobilisation, le 21 septembre, à la veille de la présentation du projet en Conseil des ministres et deux jours avant celle de La France Insoumise.

Mais le front, en particulier syndical, est désuni. Tandis que la CGT est vent debout contre la loi, les deux autres principaux syndicats, FO et la CFDT, bien que critiques, n'ont pas appelé à manifester.

Cette division interroge sur l'ampleur de la mobilisation contre un président qui a certes chuté dans les sondages, mais fait face à une opposition éparpillée.

Premier gros chantier social du quinquennat Macron, la réforme prévoit un plafonnement des indemnités en cas de contentieux, la réduction des délais de recours des salariés ou encore la possibilité de négocier sans syndicat en dessous de 50 salariés, alors que les petites et moyennes entreprises représentent près de la moitié des salariés en France.

L'objectif affiché par le président Macron est de donner plus de flexibilité aux entreprises et de les encourager à embaucher alors que le chômage reste massif. Il touche 9,5% de la population active, contre une moyenne de 7,8% en Europe.