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La République tchèque, où se déroule les 26 et 27 janvier le second tour de l'élection présidentielle, est membre de l'Union européenne depuis le 1er mai 2004 tout en restant en dehors de la zone euro.

La partition en 1993

En 1918, les Slaves de l'Ouest s'émancipent de la tutelle austro-hongroise. Le nouveau pays composé de Slovaques et de Tchèques prend le nom de Tchécoslovaquie. Mais en 1938, l'Allemagne nazie annexe les Sudètes, puis en 1939 la Bohême et la Moravie tandis que la Slovaquie devient un état satellite du IIIe Reich.

La Tchécoslovaquie se reconstitue en 1945. En février 1948, le "coup de Prague" communiste fait tomber le pays dans le giron de l'URSS.

Après l'épisode du "printemps de Prague" (1968) sévèrement réprimé par Moscou et ses alliés, débute en novembre 1989 la "Révolution de Velours" qui met fin à la domination soviétique et porte le dissident et dramaturge Vaclav Havel à la présidence du pays.

Le 1er janvier 1993, la partition du territoire donne naissance à deux Etats distincts: la Slovaquie (République slovaque) et la Tchéquie (officiellement baptisée République tchèque) dont Vaclav Havel devient, en février 1993, le premier président.

Nouveau Premier ministre

Depuis 2013, le chef de l'Etat est élu au suffrage universel direct pour un mandat de cinq ans. Premier président élu de cette manière, Milos Zeman, pro-russe, pro-chinois et hostile à l'immigration, brigue un second mandat en 2018. Il sera opposé à Jiri Drahos, un universitaire centriste et pro-européen.

Milos Zeman a désigné, le 6 décembre 2017, le milliardaire populiste Andrej Babis comme Premier ministre. Ce "Trump tchèque" a formé un gouvernement minoritaire comprenant des experts sans-parti, ayant échoué à mettre sur pied une coalition.

Son cabinet n'a toutefois pas obtenu la confiance du parlement, le 16 janvier, et a formellement démissionné le 24 janvier. M. Zeman a immédiatement demandé à M. Babis de former un nouveau cabinet et a promis de le désigner Premier ministre pour la deuxième fois, avant l'expiration de son mandat, le 8 mars.

Large vainqueur des législatives d'octobre, le mouvement ANO ("Oui") de M. Babis avait obtenu 78 sièges sur 200 à l'issue d'une campagne axée sur la lutte contre la corruption, contre l'accueil des migrants et l'euro.

Reprise économique

Fortement dépendante de l'industrie automobile et des exportations vers la zone euro, l'économie tchèque, sortie d'une longue crise en 2013, affiche une croissance solide qui devrait atteindre 4,5% en 2017 et 3,4% en 2018, selon la banque centrale tchèque.

La production des voitures de tourisme en République tchèque (Skoda, Hyundai, TPCA) a progressé de 5,2% en 2017 par rapport à l'année précédente, atteignant un niveau record de 1,413.881 d'unités.

Le taux de chômage est tombé à son plus bas niveau en deux décennies, s'établissant à 3,5% en novembre 2017 avant de remonter à 3,8% un mois plus tard.

UE, Otan, Schengen

Premier pays de l'ex-bloc communiste à être admis à l'OCDE en novembre 1995, la République tchèque a adhéré en 1999 à l'Alliance atlantique et a rejoint l'UE en 2004. Membre de l'espace Schengen, le pays est resté en dehors de la zone euro, gardant la couronne tchèque.

Prague, joyau architectural

Privé d'accès à la mer, ce pays d'Europe centrale comptant 10,6 millions d'habitants est entouré par la Pologne, la Slovaquie, l'Autriche et l'Allemagne.

Haut lieu du tourisme, sa capitale Prague abrite un centre historique inscrit en 1992 au patrimoine mondial de l'Unesco. Dominée par l'imposant château de Prague, la vieille ville traversée par la Vltava regorge de joyaux architecturaux, palais baroques ou Renaissance, cathédrales gothiques, bâtiments art-déco... retraçant près de mille ans d'histoire.

Chaque année, des millions de visiteurs se pressent sur le pont Charles, chef d'oeuvre médiéval orné d'une trentaine de statues et dont la première pierre fut posée le 9 juillet 1357 par le roi de Bohême et empereur germanique Charles IV.