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Le corps de Jamal-al-Jamal, ambassadeur palestinien en République tchèque, a été rapatrié ce lundi dans son pays pour y être inhumé. Mais les interrogations se multiplient cinq jours après sa mort survenue suite à une explosion lors de l’ouverture d’un des coffres-forts de sa résidence.

Les enquêteurs tchèques avaient au départ privilégié la thèse d’un accident, lié au déclenchement d’un mécanisme de sécurité du coffre-fort. Le porte-parole de l’ambassade avait également étayé cette thèse, parlant d’un coffre "transféré depuis l’ancienne ambassade", et "qui n’aurait pas été utilisé depuis 20 ans". Plusieurs experts tchèques et israéliens du renseignement ont toutefois affirmé que les mécanismes chargés de détruire des documents dans les coffres des ambassades "n’avaient jamais de caractère aussi agressif".

Curieuses découvertes

Rana Al-Jamal, la fille de l’ambassadeur, a de son côté crié à l’assassinat de son père et l’ambassade de Palestine affirme désormais que le coffre en question était utilisé tous les jours…

La police a entrepris l’examen du coffre, sans livrer jusqu’ici la moindre conclusion. Lors de la fouille des locaux de l’ambassade, elle a aussi découvert 12 pistolets et pistolets-mitrailleurs non enregistrés. De quoi faire s’interroger beaucoup de commentateurs à Prague sur les activités de l’ambassadeur et de susciter chez des "anciens" du renseignement tchèque l’hypothèse d’un règlement de compte privé.

Dans toute cette affaire, les autorités politiques tchèques marchent sur des œufs. Le prochain gouvernement dirigé par les sociaux-démocrates n’est pas encore entré en fonction. L’équipe qui continue de gérer les affaires courantes est composée de proches du président Milos Zeman. Un Zeman qui lors d’une longue visite en Israël en octobre dernier a "oublié" les territoires palestiniens dont il avait, au début des années 2000, suggéré aux Israéliens d’expulser les habitants.

Le truculent président est loin d’être seul dans son pays dans sa défiance envers les Palestiniens (soutenus par l’ancien régime communiste) et dans un soutien inconditionnel à Israël. L’ancien gouvernement conservateur de Petr Necas avait fait de la République tchèque l’un des seuls pays à voter contre l’admission de la Palestine à l’Assemblée générale des Nations unies. "L’arsenal découvert à l’ambassade nous conforte dans une vision des Palestiniens comme des terroristes", regrette le quotidien "Hospodarksé Noviny". La République tchèque accueillera prochainement une mission d’enquête de l’Autorité palestinienne.