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Samedi, Benoît XVI avait convoqué son "conseil des ministres" afin de faire le point sur la manière dont l’information circule - ou ne circule pas - entre les dicastères de la Curie ainsi qu’entre eux et la Secrétairerie d’Etat. A l’heure de boucler cette édition, il n’y avait toujours pas le moindre communiqué officiel précisant comment cela s’est passé. C’est humain : le sommet de l’Eglise ne tient pas à médiatiser ses propres dysfonctionnements. Le sommet visait à mettre fin aux erreurs de communication répétées de la Curie. Depuis le début du pontificat, il y a déjà eu quelques couacs qui ont parfois conduit à l’expression d’avis contradictoires entre des proches du Pape. Officiellement, la rencontre devait mettre de l’ordre dans le processus de publication de documents du Pape. La procédure normale porte que des documents signés par le Saint-Père doivent être adressés "avec une avance raisonnable par rapport à la date prévue pour la divulgation" à la Secrétairerie d’Etat pour une "révision attentive". Cette procédure visait aussi à ce qu’on ne mette pas en circulation des textes non encore révisés ou qu’on les divulgue indûment avant l’échéance de l’embargo. Si, pour d’aucuns, ce rappel à l’ordre traduit la volonté de remettre de l’ordre en matière de communication au Saint-Siège, d’autres y voient une affirmation de l’autorité du secrétaire d’Etat, le cardinal Bertone. Mais ce resserrage de boulons pourrait aussi anticiper la manière de rendre public le probable échec du rapprochement avec les traditionalistes. Ces derniers refusant toujours l’héritage de Vatican II, la Congrégation pour la doctrine de la foi est peu disposée à faire des concessions. Et la "patate chaude" atterrira chez le Pape qui devra trancher, non sans que cela ne lui pose un vrai problème de conscience.