International

Le calme est revenu vendredi dans les quartiers ultra-orthodoxes juifs de Jérusalem, où la police israélienne était déployée en force de crainte de nouvelles manifestations après une nuit de violences.

Des milliers d'ultra-orthodoxes venus du quartier de Méa Shéarim avaient tenté de fermer à la circulation un axe routier principal pour protester contre l'arrestation de l'une des leurs, accusée de maltraitance sur son enfant. Vendredi, le tribunal de Jérusalem a décidé d'assigner à résidence la suspecte, au lieu de la maintenir en prison. La mère, souffrant apparemment de troubles mentaux, devra subir un examen psychiatrique.

"Pour l'heure, tout est relativement calme. Mais des centaines de policiers dont des gardes-frontières restent déployés à Jérusalem pour faire face à (d'éventuelles) nouvelles violences d'ultra-orthodoxes", a déclaré le porte-parole de la police Micky Rosenfeld. Il a indiqué que 18 policiers avaient été blessés pendant la nuit par des jets de pierres et que 34 manifestants avaient été arrêtés, dont 19 sont toujours sous les verrous, au cours d'affrontements d'une rare violence qui se sont prolongés jusqu'à l'aube.

Les policiers avaient employé des canons à eau et des chevaux pour disperser les manifestations. A la suite de ces incidents, d'une gravité sans précédent depuis plusieurs années, le président du Parlement (Knesset), Reuven Rivlin, a annoncé que la Chambre tiendrait une session spéciale la semaine prochaine.

Le maire de Jérusalem, Nir Barkat, avait annoncé dès mardi une "suspension des services municipaux", notamment de la voirie, fournis aux quartiers ultra-orthodoxes à la suite d'agressions contre des employés. Les manifestants s'élèvent contre l'arrestation, "injuste" à leurs yeux, d'une mère de famille juive ultra-orthodoxe soupçonnée d'avoir délibérément et dangereusement affamé son garçon de trois ans.

Ils s'affirment victimes d'une campagne de diffamation relevant des "accusations de crime rituel" portées contre des juifs au Moyen-Age. Les manifestants, qui appartiennent notamment au groupe sectaire ultra-orthodoxe Toldot Aaron, opposé à l'Etat d'Israël au nom de la tradition religieuse, dénoncent par ailleurs depuis plusieurs semaines la décision du maire laïque de Jérusalem d'ouvrir durant le shabbat un parking situé près de la Vieille ville, fréquentée ce jour-là par de nombreux visiteurs et touristes.

Les juifs ultra-orthodoxes qui, à Jérusalem, représentent plus d'un tiers de la population juive, considèrent que cette mesure profane le shabbat, jour de repos hebdomadaire sacré, car elle encourage selon eux la circulation des voitures et l'ouverture de magasins juifs. La stricte tradition religieuse (Halakhah) interdit durant le shabbat tout travail, l'usage de l'argent, ou toute utilisation d'énergie et donc de circuler en voiture.