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"Il s’agit de savoir quel type de nation nous voulons être. Une nation forte, un Etat de droit. Ou une nation dont l’Etat de droit peut être négocié et ramolli" , a déclaré le président de centre droit Klaus Iohannis ce lundi, alors qu’il annonçait la tenue d’un référendum sur le projet du gouvernement social-démocrate qui vise à permettre à des politiciens d’échapper à des poursuites pénales.

Quoi de mieux qu’un plébiscite pour répondre aux appels du Parti social-démocrate (PSD) à "respecter la démocratie", martelant qu’il a gagné les élections législatives et qualifiant les manifestations de ce dimanche de "coup d’Etat" ?

Dimanche, emmitouflés dans d’énormes manteaux et des drapeaux nationaux, plus de 15 000 manifestants, rejoints par Klaus Iohannis, avaient bravé le vent glacial pour empêcher à nouveau un "mardi noir". Le mardi 10 décembre 2013, le ministre de la Justice Florian Iordache avait essayé d’octroyer secrètement une "super-immunité" aux députés, avant de se heurter à une levée de boucliers des citoyens. Le même homme, qui a récupéré le même portefeuille après la victoire du PSD aux législatives, en est désormais à sa deuxième tentative.

"Les deux éléphants de la salle"

En effet, le mercredi 18 janvier 2017, le gouvernement devait faire passer deux ordonnances d’urgence. L’une prévoit que l’abus de pouvoir ne soit pénalisé que s’il est dénoncé dans un délai de six mois et provoque un préjudice supérieur à 44 000 euros. L’autre vise à accorder la grâce aux individus condamnés à moins de cinq ans de prison et à diviser par deux la peine des détenus âgés de plus de 60 ans. Cela tombe (un peu trop) bien, puisque Liviu Dragnea, leader du PSD, est condamné à deux ans de prison avec sursis pour fraude électorale. Tandis que l’allié historique du parti, Dan Voiculescu, un oligarque condamné à 10 ans de prison pour blanchiment d’argent, est, lui, âgé de 70 ans. Au total, plus de 2500 détenus devaient être graciés.

Mais c’était sans compter l’irruption de Klaus Iohannis au conseil des ministres, prérogative présidentielle qu’il n’avait jamais utilisée auparavant. "Il y a deux éléphants dans la salle et personne ne parle d’eux : l’ordonnance de grâce et l’ordonnance de modification du Code pénal", a-t-il alors déclaré, fustigeant le secret dans lequel ces projets ont été concoctés.