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Le maire travailliste de Londres Ken Livingstone, habitué des controverses, a été suspendu vendredi de ses fonctions pour quatre semaines pour avoir comparé un journaliste juif à un garde de camp de concentration nazi.

Celui qui a gagné pour Londres l'organisation des Jeux Olympiques de 2012, est resté intraitable, refusant toujours de présenter les excuses réclamées de toutes parts. «Cette décision porte atteinte à la démocratie en son coeur. Des hommes politiques élus ne devraient être écartés que par les électeurs ou parce qu'ils violent la loi. Trois membres d'un organisme non élu ne devraient pas avoir le droit de nier les votes de millions de Londoniens», a réagi M.Livingstone.

En février, le maire avait comparé à un «ancien criminel de guerre allemand» Oliver Finegold, un reporter du quotidien londonien «Evening Standard», qui tentait poliment de l'interviewer à la sortie d'une soirée. Le reporter avait répondu qu'il était juif et se sentait offensé. Ken Livingstone avait rétorqué: «Vous êtes juste comme un gardien de camp de concentration.»

Le maire avait ensuite refusé de s'excuser, malgré les appels multiples d'hommes politiques, des représentants de la communauté juive et de survivants de l'Holocauste. Il avait répliqué à l'époque que cela faisait 25 ans qu'il était grossier avec les journalistes et qu'il avait bien l'intention de continuer.

«Insensibilité»

Les trois membres de l'«Adjucation Panel», un organisme indépendant chargé de juger le comportement des élus locaux, ont estimé à l'unanimité qu'il avait fait preuve «d'insensibilité» et «insulté sans raison» le reporter. Ces propos ont «nui à la réputation de M.Livingstone», mais aussi à celle «des services municipaux», a jugé la commission, «inquiète de voir que le maire semble n'avoir pas compris, depuis le début, que sa conduite était inacceptable».

«Aucun homme politique de sa stature n'a été jusqu'à présent sanctionné par la commission d'éthique. Nous allons voir le gouvernement de Londres paralysé pendant un mois purement à cause de sa stupidité», a réagi Brian Coleman, le vice-président (conservateur) de l'Assemblée de Londres (conseil municipal).

Le maire, qui devra prendre en charge ses frais juridiques, estimés à 80000 livres (119000€), s'est réservé le droit de faire appel. Sa suspension prend effet au 1ermars, deux mois avant les élections locales. (AFP)

© La Libre Belgique 2006