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Le PDG de Facebook Mark Zuckerberg va dire au Congrès lors d'auditions mardi et mercredi qu'il a fait une "erreur" personnelle en ne faisant pas assez pour lutter contre les mauvais usages du réseau.

"Nous n'avons pas fait assez pour empêcher ces outils d'être utilisés de façon malintentionnée (...). Nous n'avons pas pris une mesure assez large de nos responsabilités et c'était une grosse erreur. C'était mon erreur et je suis désolé", a-t-il prévu de dire, selon le texte de son intervention transmis lundi.

Le plus gros réseau social du monde se retrouve cloué au pilori pour avoir laissé fuiter les données personnelle de plusieurs dizaines de millions d'utilisateurs -- jusqu'à 87 millions selon Facebook -- qui sont arrivées entre les mains de l'entreprise d'analyse de données Cambridge Analityca (CA). Celle-ci a travaillé ensuite pour la campagne du candidat républicain Donald Trump à la présidentielle américaine de 2016.

Facebook est aussi critiqué pour avoir servi sans s'en rendre compte de tremplin à une vaste opération de déstabilisation des élections américaines en 2016, attribuée par la justice américaine à la Russie dans le but d'aider Donald Trump à se faire élire.

M. Zuckerberg se présentera devant les parlementaires américains pour s'expliquer en personne pour la première fois.

Mark Zuckerberg sommé de s'expliquer devant le Parlement européen

Mark Zuckerberg, doit impérativement venir s'expliquer devant le Parlement européen sur le scandale provoqué par l'utilisation illégale de données personnelles de millions d'utilisateurs, a averti lundi le président de son principal groupe, le Parti Populaire européen (PPE). "Le refus de M. Zuckerberg de se présenter devant le Parlement européen est un manque de respect inacceptable", a dit Manfred Weber, dans un entretien à l'AFP.

Mark Zuckerberg a été invité par le président Parlement européen, Antonio Tajani, à venir expliquer devant les représentants des 500 millions de ressortissants de l'UE comment leurs données personnelles ont pu être recueillies et exploitées en violation des droits à la confidentialité.

Les autorités chargées de la protection des données dans l'Union européenne se sont saisies de l'affaire Cambridge Analytica, entreprise liée à la campagne présidentielle de Donald Trump en 2016, accusée d'avoir recueilli sans leur consentement les informations personnelles de millions d'usagers de Facebook.

"M. Zuckerberg ne doit pas sous-estimer la capacité du Parlement européen de décider des actions contre Facebook et contre lui en tant que patron de Facebook", a averti M. Weber. "Nous avons en Europe une protection de données personnelles, et la possibilité de créer de gros problèmes à Facebook", a-t-il ajouté.

"Il nous doit le respect. Il doit venir s'expliquer devant le Parlement européen comme il va le faire devant le congrès des Etats-Unis", a insisté M. Weber.

Facebook a confirmé la semaine dernière à la Commission européenne que les données personnelles de jusqu'à 2,7 millions de personnes résidant dans l'UE pourraient avoir été transmises à Cambridge Analytica de manière inappropriée.