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Le directeur de cabinet d'Emmanuel Macron, Patrick Strzoda, a été auditionné mardi par la Commission d'enquête de l'Assemblée nationale sur l'affaire Benalla.

"J'ai appris le 2 mai qu'au cours des manifestations [la veille], un chargé de mission de l'Elysée aurait eu un comportement choquant. (...) J'ai immédiatement convoqué l'intéressé et je lui ai demandé des explications, explique celui qui a engagé Alexandre Benalla.

Il a confirmé sa présence sur les lieux. Il a justifié son comportement, je cite : “Pour aider les policiers pris à partie par des manifestants violents et qui ont jeté des projectiles sur les forces de l’ordre”.

Je l’ai informé que sa participation à une opération de maintien de l’ordre ne faisait pas partie de sa mission d’observation et que son comportement fautif était inacceptable et ferait l’objet d’une sanction, continue le haut fonctionnaire.

C'est un comportement individuel et une sanction a été prise immédiatement contre ce conseiller.

La sanction a été prise par mes soins : d’une part d’une suspension de quinze jours, sans traitement, et d’autre part une modification des missions équivalent à une rétrogradation puisqu’il s’est vu déchargé de l’organisation des déplacements du président de la République.

M. Benalla a été démis de ses fonctions du 4 au 22 mai."

A propos de certaines faveurs octroyées au proche de Macron, le dir'cab déclare : "J'ai entendu dire qu'Alexandre Benalla avait une rémunération de 10 000 euros mensuels, c'est faux. J'ai entendu dire qu'il devait s'installer dans un duplex de 300 m2, c'est faux. J'ai entendu dire qu'il serait nommé sous préfet, je démens formellement." A ce moment, les esprits se sont échauffés en commission, certains arguant que Strzoda refuse de déclarer les réels avantages obtenus par Benalla.

Patrick Strzoda ajoute que Benalla "a été recruté parce qu’il faisait partie de l’équipe de campagne du candidat. Au sein de cette équipe, il avait des fonctions d’organisateur que tout le monde reconnaissait et saluait, ce qui m’a amené à l’affecter à la chefferie, donc auprès du chef du cabinet."