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La Corée du Sud a salué le rapport de l'ONU publié lundi, qui appelle le Conseil de sécurité à saisir la Cour Pénale Internationale pour les crimes contre l'humanité dont il accuse les dirigeants nord-coréens.

Le rapport de la Commission d'enquête sur la Corée du Nord a conclu que "des violations systématiques, étendues et grossières des droits de l'Homme ont été et sont commises par la République populaire démocratique de Corée".

Le président de la Commission, l'Australien Michael Kirby, a affirmé lundi que des centaines de dirigeants nord-coréens pourraient être responsables de crimes contre l'humanité, dont le dirigeant Kim Jong-un.

"Le gouvernement (sud-coréen) espère que le rapport de la Commission, qui comprend les résultats d'une enquête approfondie montrant la gravité de la situation des droits de l'Homme en Corée du Nord, entraînera une prise de conscience de la communauté internationale", peut-on lire dans le communiqué du ministère sud-coréen des Affaires étrangères, diffusé par l'agence de presse Yonhap.

"Séoul apprécie les efforts actifs que la Commission a fait pour l'instant", a déclaré le ministère.

Le ministère a ajouté que Séoul avait soutenu l'enquête et prévoyait d'accroître la coopération avec la communauté internationale afin d'aider à améliorer la situation des droits de l'Homme en Corée du Nord.

Washington a aussi salué le rapport. Mais la Chine, principal allié de Pyongyang, a dit qu'elle s'opposerait à toute saisine de la Cour Pénale Internationale entreprise dans le but d'y traduire les dirigeants nord-coréens pour crimes contre l'humanité.

La Corée du Nord coupable de nombreux crimes contre l'humanité

Des violations "systématiques et étendues" des droits de l'Homme sont commises par la Corée du Nord et dans de nombreux cas elles constituent des crimes contre l'humanité, souligne le premier rapport d'une Commission d'enquête de l'ONU diffusé lundi.

"La Commission a établi que des violations systématiques, étendues et grossières des droits de l'Homme ont été et sont commises par la République populaire démocratique de Corée, et dans de nombreuses cas, ces violations constituent des crimes contre l'humanité", affirme ce rapport, le premier à être aussi détaillé.

La Commission a été constituée en mai 2013 par le Conseil des Droits de l'Homme des Nations Unies à Genève.

Elle appelle dans ses conclusions le Conseil de sécurité des Nations Unies à saisir la Cour Pénale Internationale (CPI) pour que les responsables de ces crimes rendent des comptes.

La Commission estime que "des centaines de milliers de prisonniers politiques ont péri dans des camps pendant les 50 dernières années", "graduellement éliminés par des famines délibérées, le travail forcé, les exécutions, la torture, les viols et le refus des droits de reproduction appliqués par des punition, des avortements forcés et des infanticides".

Les trois juristes internationaux qui la composent ont établi que le nombre de camps et de prisonniers a diminué suite aux décès et à quelques libérations mais ils ont estimé que "80.000 à 120.000 prisonniers politiques sont actuellement détenus dans quatre grands camps prisons pour les politiques".