International Le nouveau Premier ministre Slovaque Iveta Radicova n’est ni libérale ni appartient à la famille libérale en Europe. Le parti de Mme Radicova est l’Union des Chrétiens-démocrates (SDKÚ-DS) qui appartient au niveau Européen au PPE. Par contre, le parti libéral en Slovaquie s’appelle Liberté et Solidarité (SaS), le deuxième parti dans la coalition gouvernementale.

Mme Radicova, la première femme au pouvoir en Slovaquie, a prêté serment d'allégeance à la Slovaquie, à sa Constitution et à ses lois, puis elle a serré la main du président et signé le décret de sa nomination, au cours d'une cérémonie.

"La joie et l'humilité sont mes premiers sentiments en cet instant", a-t-elle déclaré avant d'annoncer que son gouvernement serait nommé vendredi à 09H00 (07H00 GMT).

Mme Radicova dirige une coalition de quatre partis de centre-droit: son parti SDKU-DS, les libéraux (SaS), les chrétiens-démocrates (KDH) et le parti de la minorité hongroise Most-Hid. Ces formations disposent d'une majorité de 79 voix dans le Parlement monocaméral slovaque qui compte 150 sièges et prône la discipline budgétaire.

La nomination des ministres vendredi sera suivie de "la première réunion du gouvernement", a déclaré Mme Radicova, précisant qu'elle souhaitait un vote de confiance au Parlement le 3 août.

Cette ex-universitaire de 53 ans a promis de remettre sur les rails l'économie slovaque qui, par ses taux de croissance vigoureux, avait valu à ce pays le surnom de tigre de l'Europe. Très dépendante de l'industrie automobile et sévèrement frappée par la crise internationale, l'activité économique de la Slovaquie s'est réduite de 4,7% en 2009 comparé à 2008. Il s'agissait de la première baisse du PIB slovaque enregistrée depuis l'indépendance du pays en 1993.

Cet ex-pays communiste, entré dans l'Otan et l'Union européenne en 2004 et qui a adopté l'euro l'année dernière, a affiché un déficit public de 6,77% du produit intérieur brut en 2009, tandis que sa dette croissait rapidement dans le contexte de la crise mondiale. Le ratio déficit sur PIB dépasse largement la limite de 3,0% imposée aux membres de la zone euro.

Moins de deux semaines après les élections, le gouvernement sortant avait reconnu que le déficit public de la Slovaquie serait plus élevé que prévu et risquait d'atteindre -6,98% au lieu de -5,5%, au terme de l'exercice 2010. "Il revient maintenant au gouvernement de redresser la situation et il y a réellement de la marge pour cela", a déclaré le ministre des Finances Jan Paciatek qui estime que le ratio pourrait tomber à 3,0% d'ici 2012.

Les partis de la coalition se sont mis d'accord sur le nom de candidats aux postes ministériels cette semaine, avec l'ex-Premier ministre Mikulas Dzurinda aux Affaires étrangères et l'ennemi des déficits budgétaires Ivan Miklos aux Finances. D'autres ministères clés seraient tenus par des nouveaux arrivants de la politique issus du parti libéral SaS, tels que l'ancien dirigeant d'une agence publicitaire, Juraj Miskov, pour le ministère de l'Economie et le dirigeant d'une chaîne de supermarchés, Lubomir Galko, à la Défense.

Peu avant la nomination de la nouvelle chef du gouvernement, le Premier ministre sortant Robert Fico, chef du parti de gauche Smer-SD, a présenté la démission de son gouvernement de gauche. Après une campagne centrée sur les promesses d'avantages sociaux et d'augmentation des retraites, la formation de M. Fico était arrivée en tête du scrutin, mais sans pouvoir former une coalition. M. FIco a tenté de former un gouvernement mais n'a pas pu rassembler une majorité au Parlement.