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Il y a deux jours, lorsque nous avons appris que le parti fasciste de Marian Kotleba formait des milices pour patrouiller dans les trains et protéger soi-disant les gens ‘convenables’ des ‘parasites roms’ (NdlR : ce sont les termes qui ont été employés), une dame rom, éduquée, m’a dit : ‘Je n’arrive pas à y croire, les mots me manquent. L’histoire se répète, mais je ne pensais pas voir cela au XXIe siècle. Mon Dieu, que sont-ils en train de faire ?", raconte Magdalena Rothova, qui travaille aux côtés de Roms au sein de l’Association pour la culture, l’éducation et la communication (ACEC).

"Nous craignons pour notre vie"

La Slovaquie compte 500 000 Roms, soit plus de 9 % de sa population (le plus fort taux de l’Union européenne). Lors des élections législatives du 5 mars, l’extrême droite a remporté pour la première fois 29 sièges au Parlement (14 pour les fascistes du parti Notre Slovaquie et 15 pour les nationalistes du SNS).

Depuis, de nombreux Roms sont catastrophés. "Je redoute une hausse des discriminations et du racisme", explique Richard Koky, 40 ans, fonctionnaire dans la ville de Poprad. Eduard Conka, quinquagénaire, agent du Bureau gouvernemental des communautés roms à Bratislava, craint, lui, surtout pour sa sécurité, "car certains extrémistes ressentent de la haine à notre égard et disent qu’ils vont se charger eux-mêmes de la justice".