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L’Inde et la Chine sont à couteaux tirés. Leurs soldats se sont affrontés à coups de pierres mardi - jour de célébration de l’indépendance indienne - aux confins du Ladakh, sur les hauteurs himalayennes. Une source policière à Srinagar, citée par l’AFP, a expliqué que ce genre de heurts survenaient "chaque été" mais que "celui-là (avait) duré un peu plus longtemps et était plus grave" que les précédents.

Cette montée de fièvre survient alors que les forces armées de New Delhi et Pékin observent depuis deux mois un face-à-face crispé sur le plateau du Doklam, revendiqué par le Bhoutan et la Chine. La situation est d’autant plus compliquée que ni Xi Jinping ni Narendra Modi ne semble prêt à faire un pas de côté.

"Tous les deux vont devoir sauver la face. C’est vraiment à celui qui tiendra le plus longtemps. Idéalement, ils devraient chacun faire un geste pour retrouver le statu quo ante", explique Christophe Jaffrelot, spécialiste du sous-continent indien (CERI). "Il y a toujours eu des incursions et des échauffourées, mais c’est la première fois que cela dure aussi longtemps." L’enjeu dépasse les relations sino-indiennes, ajoute l’expert français. 

La crise risque en effet de mettre à mal le groupe des BRICS dont les membres (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) se réunissent en sommet le mois prochain à Xiamen. "Cette construction est en train de partir à vau-l’eau et si l’Inde et la Chine ne peuvent plus se parler, c’est fini. On ne pourra plus tenir de sommet digne de ce nom."