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L'Italie bloquait jeudi soir l'adoption de conclusions communes sur divers sujets abordés en première partie du sommet européen en cours à Bruxelles, en attendant de savoir si elle obtiendrait satisfaction sur ses exigences dans le dossier migratoire, a-t-on appris de sources concordantes.

"M. (Giuseppe) Conte s'est réservé la possibilité de pouvoir se prononcer sur tout", a indiqué une source italienne, tandis qu'un porte-parole du Conseil européen expliquait, sans le nommer, qu'un Etat membre "a réservé sa position sur l'ensemble des conclusions".

Le chef du gouvernement italien Giuseppe Conte avait menacé jeudi d'opposer son veto aux conclusions du sommet de l'UE consacré à la question migratoire si l'Italie n'obtient pas satisfaction pour ses demandes. 

"Nous attendons des actes. Ce sommet sera un choix et je suis disposé à en tirer toutes les conséquences. (Un veto) est une possibilité que je ne veux pas imaginer, mais si on devait y arriver, de mon côté, nous n'aurons pas de conclusions partagées", a déclaré M. Conte à son arrivée à Bruxelles pour ce sommet.

Le chef du gouvernement populiste italien a rappelé avoir soumis une liste de demandes lors d'une réunion informelle avec quinze de ses homologues dimanche dernier.

"L'Italie a élaboré une proposition, une proposition que nous considérons raisonnable, parce que pleinement conforme à l'esprit et aux principes sur lesquels est fondée l'UE", a-t-il souligné. "Dans les rencontres que j'ai eues avec les dirigeants d'autres pays membres, j'ai entendu beaucoup de manifestations de solidarité. Nous attendons que ces paroles se traduisent par des faits", a insisté M. Conte.

Dans sa proposition, Rome appelle entre autres à "dépasser" le principe du Règlement de Dublin, qui confie aux pays de première entrée dans l'UE la responsabilité des demandes d'asile, et dont la réforme est au point mort depuis plus de deux ans, en raison notamment de l'opposition frontale des pays de Visegrad (Hongrie, Pologne, Slovaquie et République tchèque), opposés à toute mesure d'accueil obligatoire.

L'Italie considère en outre que la responsabilité conjointe des États membres en matière de sauvetage en mer ne saurait incomber aux seuls pays de première entrée.

La menace de veto avancée jeudi par le Premier ministre italien n'a en tout cas pas semblé préoccuper son homologue belge Charles Michel. "Nous avons l'habitude dans les négociations à 27 ou à 28 qu'il y ait à un moment ou l'autre des menaces et des musculations", a-t-il commenté. "Ce qui va compter, c'est la capacité à assumer des responsabilités et il est bien souvent plus courageux de prendre une décision que de ne pas en prendre", a ajouté le chef du gouvernement belge.