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Les chefs d'État et de gouvernements de l'Union européenne tentent de répondre à leurs tensions internes en se "déchargeant de leurs responsabilités sur des pays plus pauvres, en dehors de l'UE", fustige vendredi Oxfam Solidarité. Après une nuit d'intenses négociations, les dirigeants européens sont parvenus vendredi au petit matin à un accord en matière de migration, dont l'impact sur la vie des réfugiés et des migrants est jugé négatif par l'ONG. "Les plans sur la migration des dirigeants de l'UE auraient dû s'attaquer aux failles de notre système d'asile actuel et apporter une réponse efficace et humaine à la migration. Pas seulement se contenter de répondre aux problèmes politiques internes", soutient vendredi Raphael Shilhav, chargé de plaidoyer sur la migration pour Oxfam.

L'organisation encourage certes les pays membres de l'Union à chercher des solutions à la crise migratoire ensemble. Elle dénonce toutefois une approche de la migration "vouée à l'échec" et dangereuse pour les droits des demandeurs d'asile. Les nouveaux centres de détention "contrôlés", pensés pour accueillir -sur base volontaire des États européens- les migrants secourus dans l'espace maritime européen, constituent une mesure "dont l'échec a déjà été démontré dans les 'hotspots' en Grèce et en Italie", selon Oxfam.

"Une bonne gestion de la migration et un système d'asile efficace, cela va au-delà des centres de débarquement", insiste Raphael Shilhav. "Les dirigeants de l'UE doivent œuvrer en faveur d'un accord qui améliore la vie de tous en Europe, tant les citoyens, que les migrants et les nouveaux arrivants." L'Europe ne peut mener sa politique "aux dépens de ceux qui sont dans le besoin", conclut M. Shilhav.