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Le Premier ministre grec Alexis Tsipras est disposé à conclure un accord avec la chancelière allemande Angela Merkel sur une procédure accélérée de retour des demandeurs d'asile depuis l'Allemagne vers la Grèce s'ils y ont fait leur première entrée dans l'UE, a-t-il déclaré au Financial Times. Le gouvernement de Mme Merkel est fragilisé par l'exigence de son ministre de l'Intérieur Horst Seehofer d'engranger au niveau européen un résultat sur le dossier dossier migratoire avant la fin du mois.

Sans ce résultat escompté, le chef de file de la CSU bavaroise, alliée du CDU de Mme Merkel, menace de renvoyer aux frontières du pays les migrants qui sont entrés en Allemagne après avoir déjà été enregistrés dans un pays de première entrée, comme le sont souvent la Grèce et l'Italie.

Outre qu'un tel coup de force mettrait à mal sa coalition gouvernementale avec les socialistes, Angela Merkel craint un effet domino sur les autres États de l'Union, qui menacerait l'existence même de l'espace Schengen de libre circulation dans les frontières intérieures.

Vu l'impossibilité d'atteindre un accord européen sur la réforme de l'asile avant la fin du mois, la chancelière explore la possibilité de contracter des accords bilatéraux avec d'autres pays pour accélérer les procédures de retour.

La Grèce est disposée à conclure un accord de ce type, a expliqué mercredi soir le Premier ministre Tsipras au Financial Times. "Nous devons trouver un moyen, dans le cadre du droit international, de partager la charge (de l'accueil) et ne plus avoir cette situation qui est inéquitable pour les pays de première entrée, mais aussi pour l'Allemagne. Parce qu'il n'est pas juste que tous ces gens aillent en Allemagne, si nous considérons qu'il s'agit d'un problème européen", a indiqué M. Tsipras.

Si un éventuel accord pourrait aider à décourager les passeurs, il ne devrait concerner qu'un nombre limité de migrants. Ils ne seraient chaque mois qu'une cinquantaine à une centaine à franchir la frontière nord de la Grèce, selon le chef du gouvernement grec.

Un tel accord avec la Grèce représenterait certes un premier pas important pour la chancelière, mais cette dernière espère aussi en conclure un avec l'Italie lors du sommet européen de Bruxelles, ce qui paraît tout sauf évident vu les prises de position récentes du nouveau gouvernement populiste de Giuseppe Conte. Selon certaines sources, Mme Merkel aurait aussi posé la question à d'autres chefs de gouvernement européens, dont le Premier ministre belge Charles Michel.