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Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a estimé mercredi que la rencontre à Bruxelles entre un de ses vice-présidents et son prédécesseur, José Manuel Barroso, aujourd'hui employé par Goldman Sachs, respectait les règles de l'UE en matière de lobbying.

La tenue de cette rencontre le 25 octobre 2017 dans un hôtel de Bruxelles "est en accord total les règles", notamment parce qu'elle "a été rendue publique", a affirmé M. Juncker lors d'une conférence de presse sur un autre sujet, avant de lancer un définitif: "Ce n'est rien !".

M. Juncker répondait ainsi aux accusations d'une coalition d'ONG, Alter-EU, selon qui M. Barroso a brisé, avec ce rendez-vous, sa promesse de ne pas faire de lobbying dans l'UE pour le compte de son employeur Goldman Sachs.

L'embauche en 2016 de l'ancien Premier ministre portugais par la banque d'investissement américaine, après dix ans à la tête de la Commission (2004-2014), avait suscité une vive polémique, mais l'intéressé avait assuré dans une lettre à M. Juncker qu'il n'avait "pas été engagé pour faire du lobbying" et qu'il n'en avait "pas l'intention".

Saisi, le comité d'éthique de la Commission européenne, tout en désapprouvant le choix du responsable portugais, avait alors conclu qu'il n'avait pas violé les règles en vigueur.

"L'engagement de M. Barroso de ne pas exercer de lobbying au nom de Goldman Sachs répond au devoir d'intégrité et de discrétion imposés par le traité", avait-il conclu.

"Nous n'avons jamais dit que José Manuel Barroso ne pouvait pas rencontrer de commissaires", a cependant souligné M. Juncker mercredi, ajoutant que ce dernier --qui "n'est pas un gangster"-- avait été inscrit "sur la liste des lobbyistes".

Goldman Sachs est inscrite dans le registre de transparence de la Commission européenne, mais le nom de M. Barroso n'est pas mentionné, a constaté un journaliste de l'AFP. La Commission n'a pas répondu à ses sollicitations sur ce point.

Le vice-président de la Commission rencontré par M. Barroso, le Finlandais Jyrki Katainen, avait d'abord expliqué dans une lettre à Alter-EU que sa rencontre, en tête-à-tête et sans aucune prise de note, avait été consacrée à "des questions de défense et de commerce".

Il a ensuite nié mardi dans plusieurs médias que ce rendez-vous constituait du lobbying de la part de M. Barroso et expliqué qu'il s'agissait d'une rencontre amicale.

En charge notamment des Investissements et de la Compétitivité, M. Katainen, ex-Premier ministre en Finlande, fait partie de la frange la plus libérale de la Commission. Il a brièvement été commissaire de M. Barroso en 2014.

Goldman Sachs a également soutenu dans un communiqué mardi que cette rencontre avait été organisée "à titre personnel" et que M. Barroso se refusait "à représenter l'entreprise dans le cadre de tout interaction avec des fonctionnaires ou des représentants officiels de l'UE".