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Le Haut commissaire de l'ONU pour les droits de l'homme, Mme Navi Pillay, a estimé vendredi que les violences au Sri Lanka pourraient être qualifiées de "crimes de guerre et de crimes contre l'humanité". "Certaines actions menées par les militaires ski lankais et par le LTTE (les rebelles tamouls, ndlr) pourraient constituer des violations du droit international et du droit international humanitaire", a déclaré Mme Pillay.

"Le monde est aujourd'hui de plus en plus sensible à de tels actes qui pourraient être considérés comme des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité", ajoute-t-elle dans un communiqué.

Concernant la rébellion des Tigres de libération de l'Eelam tamoul (LTTE, séparatistes), le Haut commissaire relève que "la manière brutale et inhumaine dont (elle) traite les civils est complètement répréhensible et devrait être examinée de façon à établir si elle constitue des crimes de guerre". Mme Pillay cite des rapports selon lesquels les rebelles tamouls, en guerre depuis 37 ans contre les autorités de Colombo pour obtenir leur indépendance, "continuent d'utiliser des civils comme boucliers humains et ont tiré sur des civils essayant de quitter les régions qu'ils contrôlent". "Ils sont également soupçonnés d'avoir enrôlé de force des civils, dont des enfants", poursuit-elle.

Mme Pillay déplore en outre que malgré la délimitation par le gouvernement de Colombo de zones sûres pour les civils, "des bombardements répétés se sont poursuivis dans ces zones". Selon le Haut commissariat de l'ONU, plus de 2.800 civils pourraient avoir été tués et 7.000 autres blessés depuis le 20 janvier, "dont beaucoup dans ces zones sûres". De 150.000 à 180.000 civils demeureraient "pris au piège dans une zone qui se rétrécit en permanence", estime l'ONU. L'armée sri-lankaise a lancé une offensive pour en finir une fois pour toutes avec la rébellion dans le nord-est du pays.