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Une semaine après l'effondrement de deux immeubles à Marseille qui a fait huit morts, l'enquête judiciaire pour établir d'éventuelles responsabilités est entrée dans le vif du sujet, avec des perquisitions mardi dans des services de la mairie.


Les enquêteurs de la police judiciaire marseillaise ont également perquisitionné le siège du bailleur social Marseille Habitat, dépendant de la mairie, a déclaré à l'AFP le procureur de la République Xavier Tarabeux, confirmant une information du site d'investigation local Marsactu.

Ces perquisitions, qui se sont achevées vers 17H00, ont eu lieu dans le cadre d'une enquête ouverte par le parquet de Marseille pour déterminer les causes exactes du drame survenu le 5 novembre et établir d'éventuelles responsabilités. Des dizaines d'enquêteurs sont mobilisés et ont déjà réalisé "énormément d'auditions", a précisé une source policière.

"Ces perquisitions ont permis de saisir principalement des supports numériques qui vont être analysés par les enquêteurs", ajoute le procureur de la République. Les investigations, dans le cadre desquelles aucune garde à vue n'a encore été ordonnée, vont "se prolonger de nombreuses semaines", a-t-on indiqué de source policière. En plus des expertises techniques et des documents saisis, les enquêteurs continuent de s'intéresser aux gravats des immeubles à la recherche "de tout élément utile à l'enquête", a précisé cette source.

La mairie qui avait, juste après le drame, invoqué les fortes pluies comme première explication, pourrait être impliquée à plusieurs titres dans le dossier. Diverses expertises et procédures judiciaires avaient été engagées et témoignaient de la fragilité des immeubles qui se sont effondrés, vieux de plus d'un siècle.

Huit personnes sont mortes dans l'écroulement de ces deux immeubles vétustes du quartier de Noailles, l'un appartenant à la mairie via Marseille Habitat, et l'autre à une copropriété privée. Une enquête a été confiée à la police judiciaire pour déterminer les causes exactes du drame et établir d'éventuelles responsabilités.

Marseille Habitat avait racheté l'un des immeubles, au terme de 10 ans de procédure, et l'avait vidé et muré. Le bâtiment est peu à peu tombé en déliquescence, ce qui a pu entraîner l'effondrement de la copropriété privée voisine, estime le syndic de cette dernière.

L'immeuble habité présentait toutefois lui aussi un certain nombre de fragilités, dont ont témoigné les habitants décrivant des murs fissurés et des portes qui ne se fermaient plus, ainsi que les procédures dans lesquelles la copropriété était impliquée.

Le maire LR Jean-Claude Gaudin a été pointé en particulier du doigt par les habitants de ce quartier populaire pour l'insuffisance de ses efforts de rénovation du bâti dans le quartier populaire de Noailles, en plein centre, où s'est déroulé le drame.