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Un cessez-le feu entre le régime syrien et le groupe Etat islamique (EI) est entré en vigueur samedi dans le sud de Damas, où sont retranchés les derniers djihadistes, en vue d'un accord d'évacuation, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). 

Le régime de Bachar al-Assad a lancé il y a un mois une vaste offensive aérienne et terrestre contre la dernière poche de l'EI dans le sud de Damas, afin de consolider son emprise sur la capitale et ses environs.

Depuis le 19 avril, il a réussi à reprendre une partie conséquente de ce dernier bastion djihadiste dans la capitale.

"Un cessez-le feu est entré en vigueur aujourd'hui à 12H00 (locales, 11h00 HB) pour une durée de cinq heures, mais il est observé depuis neuf heures maintenant", a indiqué le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane, à l'AFP.

"L'arrêt des hostilités constitue le prélude à une évacuation des combattants de l'EI vers la badia syrienne (désert) conformément à l'accord qui prévalait avant le début de l'offensive" du régime, a-t-il ajouté.

Selon lui, l'opération de transfert des djihadistes devrait débuter "dans les prochains jours".

L'accord, non écrit, aurait été négocié par les Russes et des réfugiés palestiniens installés en Syrie et favorables au régime du président Assad, avec des représentants de l'EI, selon l'OSDH.

Les médias officiels syriens ont toutefois nié l'existence d'un quelconque accord.

"Il n'existe aucun accord entre l'armée arabe syrienne et le groupe terroriste Daech (acronyme arabe de l'EI) sur le quartier de Hajar al-Aswad. Toutes les informations à cet égard ne sont pas précises", a ainsi indiqué samedi l'agence de presse officielle syrienne Sana, citant une source militaire.

Les forces loyalistes ont déjà reconquis le quartier de Qadam, mais les combats pour la reprise de Hajar al-Aswad se sont avérés particulièrement ardus et meurtriers.

Les djihadistes contrôlent désormais moins de 70% du camp palestinien de Yarmouk, qui constitue un quartier de Damas, ainsi qu'une partie du quartier de Tadamoun, situé au nord du camp, selon l'OSDH.

Les combats ont fait en un mois 56 morts parmi les civils et 484 morts parmi les combattants, dont 251 victimes au sein des forces loyalistes, selon l'OSDH.

S'il réussissait à reprendre les derniers territoires tenus par les djihadistes, le régime contrôlerait l'ensemble de la capitale et ses environs, pour la première fois depuis 2012.

Défait par les opérations militaires d'envergure menées contre son "califat" autoproclamé en 2014 sur une zone à cheval sur l'Irak et la Syrie, l'EI ne contrôle plus que moins de 5% du territoire syrien.

Outre à Damas, il est présent dans des poches désertiques du centre et de l'est syrien.

La guerre en Syrie a éclaté en 2011 après la répression sanglante de manifestations pacifiques en faveur de réformes démocratiques. Elle s'est complexifiée au fil des ans avec l'implication de groupes djihadistes et de puissances étrangères. Le conflit a fait plus de 350.000 morts.