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Les présidents russe Vladimir Poutine et turc Recep Tayyip Erdogan sont convenus lors d'un entretien téléphonique jeudi d'organiser prochainement à Istanbul un sommet Turquie-Russie-Iran consacré à la Syrie, selon des sources à la présidence turque.

Lors de cet entretien, "il a été décidé de tenir le deuxième sommet (après celui de Sotchi en novembre) entre la Turquie, la Russie et l'Iran à Istanbul", ont indiqué ces sources. Un haut responsable turc a fait savoir que la date de cette rencontre serait fixée prochainement.

"Il a été question d'une rencontre entre les trois présidents. Aucune date précise n'a été déterminée", a pour sa part indiqué le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov à l'agence RIA-Novosti.

La Russie et l'Iran, qui soutiennent le régime de Bachar al-Assad, et la Turquie, qui appuie l'opposition, avaient tenu un premier sommet trilatéral dans la station balnéaire russe de Sotchi en novembre dernier.

Lors de cette rencontre, M. Poutine avait rallié M. Erdogan et le président iranien Hassan Rohani à l'idée d'organiser une réunion entre représentants du régime et de l'opposition en Syrie. Celle-ci s'est tenue le mois dernier, sans produire de résultat concret.

Si elles soutiennent des camps opposés en Syrie, la Turquie et la Russie ont renforcé ces derniers mois leur coopération sur ce dossier dans le cadre d'un réchauffement de leurs relations après une grave crise diplomatique fin 2015.

Selon les sources présidentielles turques, MM. Erdogan et Poutine sont par ailleurs convenus lors de leur entretien d'"accélérer" l'installation de nouveaux postes d'observation dans la province rebelle d'Idleb (nord-ouest de la Syrie), dans le cadre d'une "zone de désescalade" visant à réduire l'intensité des affrontements.

L'armée turque y a entrepris lundi l'installation d'un nouveau poste d'observation, un déploiement qui survient alors que les forces du régime syrien, soutenues par Moscou, mènent une vaste offensive depuis fin décembre dans la province d'Idleb.

En outre, les deux dirigeants se sont entretenus de la situation humanitaire dans la Ghouta orientale, une enclave rebelle près de Damas assiégée par le régime syrien où près de 150 civils ont été tués cette semaine dans des bombardements aériens.

Enfin, M. Erdogan a "partagé des informations" concernant l'offensive menée par la Turquie dans le nord-ouest de la Syrie contre la milice kurde des Unités de protection du peuple (YPG), selon les sources turques.

Le conflit en Syrie, déclenché en 2011 par la répression de manifestations prodémocratie, s'est complexifié avec l'implication de puissances étrangères et de groupes jihadistes sur un territoire morcelé. Il a fait 340.000 morts et contraint des millions de personnes à quitter leurs foyers.